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CORROSION OF CONFORMITY

CLUTCH

STINKING LIZAVETA

29 Janvier 2006

Londres - Astoria

9 ans ! Oui 9 ans et 9 mois pour être exact que Corrosion Of Conformity n’avait pas foulé le sol européen. La dernière apparition du groupe sur le vieux continent remontait à la tournée en première partie de Metallica en 1996. Ce retour en Europe de COC pour promouvoir l’excellent « In The Arms Of God » a été planifié une première fois au mois d’octobre dernier, pour une tournée en tête d’affiche en Angleterre accompagné de Witchcraft suivie de la première partie de la tournée européenne de Motorhead. Seulement voilà, l’ouragan Katrina ayant dévasté la Nouvelle Orléans et Pepper Keenan en étant un de ses résidants, la priorité n’était plus à cette tournée qui a donc été annulée. Reprogrammée pour ce mois de janvier, uniquement en Angleterre pour 13 dates, le groupe est revenu avec une tournée plus relevée en co-tête d’affiche avec Clutch, et avec Stinking Lizaveta pour ouvrir.
C’est donc le groupe atypique Stinking Lizaveta qui débute cette belle soirée de rock n’roll. Le groupe originaire de la Nouvelle Orléans pratique une musique pour le moins très personnelle et originale. Sorte de rock n’roll un poil psychédélique, avec un guitariste, un joueur de contrebasse et une batteuse. L’Astoria, qui au passage est une salle superbe doté ce soir d’une acoustique parfaite et puissante, est plein comme un œuf et accueille comme il se doit la formation déjantée de la Louisiane. La prestation du groupe se finira sur une grosse jam avec les 3 batteurs de la soirée, et donc par conséquent avec Jean Paul Gaster et Jason Peterson en renfort. Excellent, à découvrir d’urgence.
Passons maintenant à Clutch. Sur la tournée, COC et Clutch ne peuvent que se partager une heure de temps de jeu chacun à cause des couvre feu, mais par bonheur ce soir, les 2 groupes vont pouvoir pousser un peu plus. C’est donc pour 70 minutes de Clutch que nous partons, pratiquement dans un voyage dans le temps vu que le groupe consacrera la majorité de son set à son album éponyme paru il y a 11 ans ! Il faudra même attendre la fin du set pour voir le groupe miser sur son excellent dernier album « Robot Hive/Exodus ». Mais Clutch c’est aussi ça, si un mot peut résumer une de leur prestation, ça serait : spontanéité. Le groupe se fait plaisir, improvise sans arrêt et dynamise la foule très réceptive à leur show. Jean Paul Gaster est véritablement un batteur d’exception, dans un style entre le jazz et le rock n’roll, comme en attestera son solo.
Le groupe joue beaucoup de titres assez peu attendus et prend du plaisir tout en restant assez peu expressif. Le nain Neil Fallon est un frontman imparable, bourré d’énergie et impeccable dans chacune de ses vocalises. Tim Sult est probablement un de ses guitaristes sous estimés, l’homme et son compère Dan Maines sont des véritables machines à riff qui swingue, et l’inventivité de ce guitariste n’est plus à prouver. L’apport de Mick « The Stick » Schauer et de ses sons d’Hammond, confère un plus indéniable à la mixture stoner/funk/blues/jazz pratiquée par le groupe. Signalons que contrairement aux 2 autres groupes de la soirée, Clutch bénéficiera d’un son légèrement brouillon.
Les moments forts de la prestation seront 100011.10101, Impetus, Big News 1, Cypress Grove et The Incomparable Mr Flannery. Après avoir joué le survitaminé Burning Beard, il reste au groupe le temps de jouer un morceau supplémentaire, la prestation du groupe se terminera donc par le très blues Gravel Road qui voit Neil Fallon à la guitare slide. A l’image de Jason Peterson qui se prosternera sur le côté de la scène, Clutch a largement mis tout le monde d’accord ce soir.
Setlist Clutch :
01-I Have The Body Of John Wilkes Booth
02-Animal Farm
03-La Curandera
04-100011.10101
05-Impetus
06-Open Up The Border
07-Elephant Riders
08-Going To Market (Drum Solo)
09-Big News 1
10-Texan Book Of The Dead
11-Cypress Grove
12-The Incomparable Mr. Flannery
13-Burning Beard
14-Gravel Road
La barre était donc placée très haute pour Corrosion Of Conformity. D’autant plus que l’Astoria est visiblement venu davantage pour Clutch à en juger d’une fosse un peu plus clairsemée durant le show de COC. Le groupe arrive de façon très décontractée à la manière de Pantera par le passé, c'est-à-dire : sans éteindre les lumières, pas de musique d’intro et en jammant un petit peu pour se mettre en jambe. Pepper Keenan s’empare alors du micro pour déclarer simplement : Salut Londres ! Cela fait 9 ans que nous ne sommes pas venu ici. J’espère que vous ne nous avez pas oublié, nous sommes COC, nous venons de Raleigh, Caroline Du Nord et voilà ce que nous faisons ! Et le groupe d’entamer une version ultra furieuse de Paranoid Opiod qui d’entrée de jeu donne le ton : le groupe est venu ici pour en découdre.
En très grande forme, Woody et Pepper sont survoltés, et affichent un enthousiasme palpable. Mike Dean, à son habitude reste plus réservé, en assurant ses parties de basse pleines de groove et celui qui est un peu attendu au tournant, Jason Peterson, assure comme un chef, réussissant l’exploit de faire oublier les parties de batterie de Stanton Moore présentes sur « In The Arms Of God ». Toutefois le jeu de Peterson swingue moins que celui du batteur de Galactic, mais joue davantage sur la puissance. Le son du groupe est énorme, épais et très net. Woody et Pepper jouent leurs solos respectifs avec brio, Pepper chante très bien, toutefois souvent aidé d’un effet parfois trop présent et on peut signaler quand même une certaine fatigue vocale en fin de prestation. Woody quant à lui s’amuse sur les chœurs et se montrera pendant toute la prestation de très bonne humeur, plaisantant régulièrement avec le public.
Bref c’est face à un groupe très décontracté, diaboliquement efficace et très spontané à en juger les nombreuses jams, que nous avons à faire. La prestation se poursuit sur l’excellent Diablo Blvd, très bien accueilli par le public malgré la mauvaise réputation dont jouit l’album « America Volume’s Dealer » dont ce titre est tiré. Le groupe enchaîne avec 7 Days, très bon titre certes mais qui fait un petit peu descendre la tension du concert. Pepper reprend la parole et relance de plus belle la prestation du groupe en annonçant un titre qui a été écrit il y a 15 ans et dont le propos est toujours d’actualité aujourd’hui. C’est évidemment le seul extrait de « Blind » de la soirée qui suit, avec une version puissante de Vote For A Bullet, titre polémique en son temps pour son caractère très critique à l’égard de la politique du gouvernement américain.
Un des moments forts de la soirée se situe dans l’interprétation de l’excellent tube du dernier album du groupe, à savoir Stonebreaker, autre titre sur lequel l’ administration Bush en prend pour son grade et qui résume parfaitement ce qu’est COC musicalement. A noter que Woody sublimera le solo introductif de la chanson et qu’en live c’est lui qui chante le refrain. A noter également que Mick « The Stick » de Clutch viendra faire une apparition remarquée au clavier sur ce titre. Pepper en profite pour demander au public ce qu’il a pensé des 2 autres groupes de la soirée, précisant que c’est Jean Paul de Clutch qui l’a persuadé de faire cette tournée et que Stinking Lizaveta est actuellement un des meilleurs groupes américains à son sens. Le groupe continue sa prestation avec un des titres les mieux accueillis de la soirée : Albatross.
L’Astoria réservera une réaction très chaleureuse à cet extrait de « Deliverance », en l’accueillant comme un véritable hymne. Il est temps pour Pepper de lâcher le micro pour un titre, en laissant Woody et Mike se partager le chant sur Infinite War, voix grasse pour l’un et voix plus chantée et légère pour l’autre. Jouissif. Pepper entame ensuite un petit discours sur la Nouvelle Orléans : Certains d’entre vous savent peut être que je viens de la Nouvelle Orléans, et nous avons eu quelques soucis là bas si vous voyez ce que je veux dire ! Il rend ensuite hommage aux groupes de la Nouvelle Orléans en citant Crowbar, Soilent Green, Eyehategod et évidemment Down, ce qui déclenche une ovation de la part du public. Il poursuit donc en dédicaçant Rise River Rise aux habitants décédés et ceux toujours vivants de la Nouvelle Orléans.
Sur ce titre Pepper lâche la guitare pour prendre une mandoline, conférant à la chanson une ambiance très particulière. Les chœurs de Woody et Pepper se font presque malsains à la fin du morceau, et ce titre reste avec Stonebreaker un des meilleurs moments du dernier album ainsi que de ce concert.Petite rareté pour poursuivre avec The Door, seul extrait de « Wiseblood » de la soirée, qui insufflera un regain d’énergie à la prestation. Mais la tension atteint son paroxysme sur Clean My Wounds, titre le plus célèbre du groupe, qui se verra ici nettement rallongé par une excellente jam du groupe. Le groupe se retire de scène pour mieux revenir sur une autre rareté, extraite de « America Volume’s Dealer » cette fois ci. C’est donc le tripant 13 Angels qui suit dans une version rallongée par une jam surlaquelle Mick « The Stick » revient derrière le clavier.
Finalement le groupe aura pu pousser sa prestation à 80 minutes au lieu de 60 et finira donc sur un titre dédicacé à Dimebag Darrell, l’éponyme In The Arms Of God, joué dans une version bien plus lourde et furieuse que son penchant studio. Le groupe peut se retirer heureux. Il vient d’achever un retour européen, certes uniquement en Angleterre, réussi avec cette date complète à Londres. Un groupe plus décontractée qu’avant, jammant davantage, jouant avec plein de conviction et en affichant une joie certaine. Corrosion Of Conformity aura été impérial ce soir, au-delà de toute espérance, sûrement poussé par la qualité des groupes le précédant à l’affiche. Quel concert ! Une affiche de haute volée, 3 groupes au sommet, un son parfait, une super public, une superbe salle, que rêver de mieux ? Peut être d’une véritable tournée européenne de Corrosion Of Conformity ? Cela devrait probablement arriver aux alentours du mois d’octobre. A suivre.
Setlist Corrosion Of Conformity :
01-Paranoid Opiod
02-Diablo Blvd.
03-7 Days
04-Vote With A Bullet
05-Stonebreaker
06-Albatross
07-Infinite War
08-Rise River Rise
09-The Door
10-Clean My Wounds
Encore :
11-13 Angels
12-In The Arms Of God