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DEFTONES

WILL HAVEN

22 Mars 2007

Paris - Olympia

Les Deftones ont déjà écumés une multitude de salle en France, et plus particulièrement sur Paris, mais la venue des californiens dans le prestigieux Olympia est une grande première. La date est complète depuis des mois mais aura provoquée une petite inquiétude de dernière minute étant donné que les Deftones ont repoussé leurs 3 précédentes dates en Angleterre à cause de problèmes de santé rencontrés par leur frontman Chino Moreno.

Mais le groupe est bel et bien là ce soir et Will Haven succède, à partir de cette date parisienne, aux danois de Mnemic dans le rôle de chauffeur de salle. Egalement en provenance de Sacramento, les Will Haven sont des amis de longue date des Deftones et c’est naturellement qu’une bonne portion du public attend cette prestation de pied ferme, surtout lorsque l’on sait que le groupe n’a pas donné de concert en France depuis des lustres. Ce concert est également l’occasion de voir le groupe avec son nouveau chanteur Jeff Jaworski suite au départ le mois dernier de Grady Avenell à peine un an après que le groupe se soit reformé. Situation délicate pour Will Haven, qui voit donc son élan fraîchement retrouvé avec la reformation du groupe sabordé par le départ de son charismatique chanteur. Et malheureusement pour les californiens, Jeff Jaworski ne tient pas vraiment la comparaison avec son prédécesseur. Le chanteur tient bien la scène, assure ses vocalises sans accroc, mais manque singulièrement de puissance vocale et de personnalité. En résulte donc une prestation tout juste honorable mais forcément décevante par rapport à ce que le groupe a pu montrer par le passé. Toutefois rappelons que ce concert n’est que le second donné par le groupe sous cette formation. Un set composé de classiques bien accueillis par une partie du public comme I’ve Seen My Fate, Jaworski, Stick Up Kid et Carpe Diem en final. A noter également la présence d’un nouveau guitariste en la personne de Lance Jackman.
Passons aux Deftones, qu’un Olympia bondé réclame chaleureusement. « Saturday Night Wrist » est un bon album mais qui provoque des réactions diverses chez les fans du groupe. Etrangement le groupe ne misera pas particulièrement sur ce dernier album ce soir avec tout juste 4 titres qui en seront extraits. Comme toujours le groupe nous propose un set couvrant de façon très équilibrée sa carrière, à l’exception de l’album éponyme représenté par un seul titre, mais ce soir il semble que les Deftones sont en promotion de « White Pony », album le plus apprécié du groupe, avec pas moins de 7 extraits interprétés ce soir. Et le groupe entamera d’ailleurs son set par 4 d’entre eux joués d’affiler. Après une longue intro sous fond de basse fréquence particulièrement profonde, le groupe entre en scène, comme l’année dernière au Zénith, sur le très lourd Korea. Chino dissipe les doutes d’entrée de jeu. Certes la voix du chanteur est comme d’habitude noyée dans des effets, surtout de la reverb et du delay, mais Moreno montrera globalement un bon visage ce soir, en étant même un peu au dessus de sa moyenne habituelle. Les jours de récupération se seront donc montrés salutaires. Le groupe poursuit avec l’excellent Fieticiera histoire de maintenir la tension et enchaîne avec le très calme Digital Bath, que l’on retrouve avec plaisir dans un set de Deftones. Petite surprise, le groupe interprète ensuite Knife Party, chose qui n’était pas arrivée à Paris depuis la pré tournée de « White Pony » en juin 2000 à l’Elysée Montmartre.
Comme à leur habitude, Stef et Chi sont dans leur monde, Chino fait le spectacle et Abe frappe avec force et conviction sur ses fûts. Toujours sans temps mort, on change de chapitre avec l’album « Around The Fur », notamment avec les classiques indécrottables que sont Be Quiet And Drive et My Own Summer, titres qui déclenchent toujours bien sur l’hystérie dans le public. Nous avons ensuite droit à une grosse rareté, puisque le groupe interprète le méconnu Lhabia, qui passe plutôt bien l’épreuve de la scène. Mine de rien on arrive pratiquement à la moitié du set et c’est seulement maintenant que le groupe puise dans son dernier album avec Beware, titre déjà interprété sur la tournée de l’été dernier. Chino montrera quelques faiblesses sur ce titre, et l’apport vocal de Chi se montrera des plus importants, d’autant plus que ses chœurs chantés seront perceptibles, tandis que d’habitude seuls les vocalises hurlées du bassiste sont audibles. Chino tient la guitare seul sur la première moitié de ce titre qui voit Stef jouer du clavier. Malheureusement le morceau souffrira d’une basse d’un coup bien trop en avant et bouffant les fréquences des autres instruments. Le son redevient plus normal lorsque le groupe puise dans son tout premier album « Adrenaline » avec les entraînants Root et Nosebleed qui viennent réveiller le public. On revient ensuite sur « Saturday Night Wrist » avec tout d’abord le single Hole In The Earth, agrémenté d’une intro supplémentaire et qui s’impose déjà comme un classique. Ensuite le groupe joue Xerces, en modifiant quelques peu ses arrangements, et force est de constater que ce titre plutôt bon en studio passe très mal le test de la scène. On aurait préféré un Cherry Waves par exemple.
On revient dans « White Pony » avec une rareté jamais interprété à Paris. Nombreux sont ceux qui resteront frustrés de ne pas avoir vu Maynard Keenan rejoindre Deftones sur scène à Bercy en 2003 pour interpréter Passenger lors de la tournée Deftones/A Perfect Circle, mais ce soir le groupe interprète ce titre avec un Chino qui ne s’en sort pas trop mal sur les vocalises du chanteur de Tool. Il n’en sera pas de même pour Mein où Chino peine un peu à restituer les parties de Serj de System Of A Down. Seul extrait de l’éponyme ce soir, Minerva nous replonge dans le calme et la douceur avant que Stef nous balance le riff de Bored, comme toujours acclamée par le public. Le groupe se retire de scène en omettant de jouer Minus Blindfold, pourtant prévu sur la setlist. En rappel les californiens balancent à la surprise générale Back To School, qui reçoit tout simplement un des meilleurs accueils de la soirée et sur lequel Chino assure avec brio. Etrange de constater l’ovation que ce titre reçoit lorsque l’on sait qu’il fait sans aucun doute partie des plus faibles du groupe. Ce qui n’est pas le cas du mélodique Change qui nous replonge dans une ambiance aérienne avant que les Deftones nous envoie comme la tradition le veux un 7 Words en pleine poire pour finir le concert. Ce concert aura donc vu le groupe en forme arborant un set énergique à la dynamique bien relancée par les quelques titres plus calmes et planants. Quelques raretés à signaler et l’impasse sur certains classiques tels qu’ Head Up par exemple, mais le manque de communication entre le groupe et le public donnera un parfum un peu fade à ce concert un peu plus court qu’à l’accoutumée, maladie oblige.

Setlist Deftones :
01-Korea
02-Fieticiera
03-Digital Bath
04-Knife Party
05-Be Quiet And Drive (Far Away)
06-My Own Summer (Shove It)
07-Lhabia
08-Beware
09-Root
10-Nosebleed
11-Hole In The Earth
12-Xerces
13-Passenger
14-Around The Fur
15-Mein
16-Minerva
17-Bored
Encore :
18-Back To School
19-Change (In The House Of Flies)
20-7 Words