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FIELDS OF ROCK

18 Juin 2005

Goffertpark - Nijmegen

Seconde édition du Fields Of Rock de Nijmegen, et à l’image de la première toujours une très grosse affiche. Equipée de la plus grande scène d’Europe (80 mètres de long) divisée en 2, d’une autre scène en plein air plus petite (MTV stage) et d’une tente gigantesque, 22 groupes se seront succédés au sein de cette journée pour le moins remplie. Et pas des moindres, jugez plutôt : Black Sabbath, Rammstein, Audioslave, Velvet Revolver, Slayer, Motorhead, Soulfly, Machine Head, Chimaira, Dillinger Escape Plan, Mastodon, Helmet, Team Sleep, Gorefest, Papa Roach, After Forever, Metal Church, Alter Bridge et d’autres encore. Excusez du peu ! Seulement tout cela a quand même un désavantage certain : en un jour pour caser tout ce beau monde il faut faire chevaucher certains créneaux, ce qui est très vite frustrant. Proposer 2 scènes sur 2 jours aurait probablement été préférable, mais cela dit ne cherchons pas trop la petite bête car ce festival propose certainement l’affiche la plus dense et prestigieuse de cet été.
Arrivé sur le site et devant faire les interviews exclusives de Machine Head et Soulfly disponibles sur le site, les prestations d’Alter Bridge, Papa Roach, Team Sleep et Motorhead auront pour ma part été regardées que très partiellement. Juste le temps d’entendre une reprise du Kashmir de Led Zeppelin par Alter Bridge, un Papa Roach avec une certaine patate, un Team Sleep qui verra un Chino Moreno qui a l’air d’avoir enfin retrouvé sa voix, espérons qu’il en soit de même avec la tournée de Deftones.
Quant à Motorhead, ils confirmeront leur réputation de groupe qui joue le plus fort au monde et je ne pourrai malheureusement assister uniquement à un Kill By Death dévastateur.
Bref le festival commence réellement pour votre serviteur sur la seconde moitié du set survolté de Dillinger Escape Plan. Arrivé dans la tente juste avant que le groupe n’exécute un When Good Dogs Do Bad Things, 2 détails sautent aux yeux : premièrement Brian Benoit ne semble pas remis de sa blessure au poignet puisqu’il est à nouveau remplacé par un guitariste très discret (surtout par rapport au reste du groupe), deuxièmement le son du groupe est impeccable et ça c’est une grande première. Sur scène comme toujours c’est la guerre, Ben Weinman le guitariste déjanté semble bien remis de son malaise au Festimad en Espagne suite à un accident de voiture qui avait contraint le groupe a annulé 3 semaines de tournée. Mais ce soir Ben se fait piquer la vedette par un Greg Puciato remonté à bloc. Le chanteur vomit régulièrement sur le côté de la scène entre 2 morceaux en prétextant que c’est parce qu’il a regardé 5 minutes de Papa Roach sur la grande scène. Il va jusqu’à inciter le public à se barrer pour aller voir Slayer qui joue en même temps sur la scène principale. La prestation du groupe déroule donc avec furie sans que l’on voit le temps passer et les titres Setting Fire To The Sleeping Giants, We Are The Storm et Phone Home écrasent la tente de leurs violences (tout en étant parmi les titres les plus accessibles du groupe !). Le groupe balance un Sugar Coated Sour qui fait toujours mouche, et constatant qu’il lui reste encore un peu de temps, joue un Sunshine The Werewolf pas prévu au départ. Dillinger est venu, Dillinger a vécu comme toujours. Même question que d’habitude, combien de temps le groupe va-t-il tenir cette cadence infernale ? Nous verrons bien, en tout les blessures incessantes ne sont pas forcement bon signe.
Dillinger Escape Plan fini, le festival se déroulera pour ma part désormais sur la grande scène, loupant volontairement des groupes qui passeront la semaine d’après au Graspop (Helmet, Mastodon…) et en loupant d’autres (Chimaira, Soulfly, Machine Head) car étant en conflit avec les gros calibres du festival (Audioslave, Black Sabbath, Velvet Revolver). Arrivé sur la scène principale, Slayer est en train de finir son set en sortant les tubes Postmortem, Raining Blood, Mandatory Suicide et bien sur Angel Of Death. Le groupe semble un peu assomé par le soleil de plomb et joue avec un son approximatif mais assurera tout de même une bonne fin de show sans merci. Le sujet sera plus appronfondi au Graspop.
Velvet Revolver investie donc la scène sous un soleil de plomb qui durera toute la journée et qui aura raison de plus d’un hollandais. Le groupe débarque à son habitude sur Sucker Train Blues en grande pompe. Seulement voila le hic, malgré toute l’énergie du monde dont le groupe dispose, la prestation sera endommagée par un son horrible, les guitares seront à peine audibles, un comble. Scott Weiland est comme à son habitude assez limité en puissance vocale et peine à restituer les parties de « Contraband », mais sa gestuelle et sa façon d’haranguer la foule font passer cette faiblesse sans trop de problème. Duff Mc Kagan et Dave Kushner sont très en forme contrairement à Slash qui reste plus en retrait, sans toutefois oublier de faire le poser, et qui ne sera pas d’une précision diabolique pendant ses soli.
Le groupe jouera des chansons pas interprétées lors de leur première tournée Européenne comme Superhuman et Dirty Little Thing. Illegal I Song sera par contre honteusement laissée de côté. Fort heureusement le son commence à s’améliorer sur la fin de la prestation du groupe, et cela tombe plutôt bien car les classiques It’s So Easy (GN’R) et Sex Type Thing (STP) méritent bien cela. La folie s’empare alors du public, surtout quand Scott Weiland descend dans la fosse pour faire participer le public. Set Me Free suit ensuite dans une version toujours rallongée et nettement supérieures à son penchant studio, et il en sera de même pour Slither qui clôture la prestation du groupe. A noter un second extrait du répertoire des Guns N’Roses avec Mr Brownstone. Au final le groupe, à l’exception peut être d’un Slash en retrait, n’a rien à se reprocher, mais un mauvais son aura gâché le concert des revolvers de velours. Cela dit si un mot doit résumer une prestation de Velvet Revolver, cela devrait être : Attitude.
Setlist Velvet Revolver :
01-Sucker Train Blues
02-Do It For The Kid
03-Headspace
04-Superhuman
05-Fall To Pieces
06-Dirty Little Thing
07-Big Machine
08-It's So Easy (Guns N'Roses cover)
09-Sex Type Thing (Stone Temple Pilot)
10-Set Me Free
11-Mr Brownstone (Guns N'Roses)
12-Slither
D’un groupe All Star on passe à un autre avec Audioslave. Attendu très au tournant avec une tournée en 2003 tout juste passable et un nouvel album sorti fin mai peu convainquant, le groupe se devait de convaincre. Et bien bilan plutôt mitigé. Arrivé en grande pompe sur Your Time Has Come, Show Me How To Live et Spoonman, emprunté à Soundgarden, on remarque un groupe qui a l’air plus uni, un Chris Cornell plus à l’aise autant scéniquement que vocalement et l’on se dit que tout cela va bien le faire. Seulement voilà, le groupe sait très bien y faire pour plomber l’ambiance festive d’un festival en assenant au public une pléiade de ballades (Like A Stone, Be Yourself, Doesn’t Remind Me) qui ne manque pas de l’endormir. Cornell semble vraiment apprécier le fait de jouer devant 50 000 personnes, en plein cagnard et s’amuse même avec le public en lui demandant de scander à l’unisson : Fuck you M. Cornell.
Les choses s’améliorent finalement sur une fin de set similaire au début et lorsque le groupe exécute un medley Bulls On Parade/Sleep Now In The Fire la tension du public remonte très vite. De plus Chris Cornell que l’on pouvait penser complètement inadapté à ce genre de chanson s’en sort bien. Le chanteur prend ensuite une guitare acoustique et joue Black Hole Sun, issue du répertoire de son précédant groupe, tout seul dans une version acoustique qui fait redescendre très vite la tension. Shadow Of The Sun endort encore un peu plus le public, mais le tube interplanétaire qu’est Killing In The Name réveillera bien sur tout le site. Le groupe se lâche littéralement sur ce titre et finit son set par Cochise. En somme du mieux chez Audioslave, mais le groupe n’est pas très adapté pour un festival et doit encore prouvé qu’il est une vraie entité en suivant l’exemple de Velvet Revolver qui en comparaison donne l’impression de jouer depuis des lustres ensemble.
Setlist Audioslave :
01-Your Time Has Come
02-Show Me how To Live
03-Spoonman (Soundgarden cover)
04-Like A Stone
05-The Worm
06-Be Yourself
07-Gasoline
08-Doesn't Remind Me
09-Bulls On Parade (Rage Against The Machine cover)
10-Sleep Now In The Fire (Rage Against The Machine cover)
11-Black Hole Sun (Soundgarden cover)
12-Shadow Of The Sun
13-Killing In The Name (Rage Against The Machine cover)
14-Cochise
Le moment tant attendu arrive alors, Balck Sabbath, dans sa formation d’origine s’apprête à fouler le sol du Fields Of Rock. Avant d’entrée sur scène Ozzy, en backstage, visiblement en forme et déjà très jovial chauffe la foule avec ses traditionnels : I can’t hear you ! Louder ! C’mon…Le groupe arrive ensuite sous une ovation qu’il mérite. On est quand même en face de la bible du metal, de la genèse, la mère créatrice et le groupe commence son set par NIB. Les on n’est pas génial mais va s’arranger au fur et à mesure de la prestation. On pouvait craindre d’être déçu par Ozzy et Bill Ward, mais en réalité il n’en fut rien. Bill Ward aura assuré son set parfaitement, exception faite de Fearies Wear Boots sur lequel il aura montrer de gros signes de faiblesse sur les breaks. Quand à Ozzy, pas sénile du tout, il ne cessera pas pendant otute la prestation de faire participer le public, l’haranguer de façon certes un peu lourde et automatique, mais l’homme semble tellement heureux de jouer et y met tellement du sien que cela en devient vite communicatif.
Allant chercher des sauts d’eau pour s’asperger et jeter le reste sur le public, faisant ses sauts de drapeaux, faisant sans cesse applaudir le public et le faire hurler, on aura vu le vrai Ozzy, pas celui de l’émission d’MTV. De plus sur cette tournée Européenne tant attendue, le groupe a décidé de sortir une setlist pour puriste proche de la perfection (malgré le fait que l’album « Vol.4 » sera malheureusement complètement oublié). After Forever, titre moins habituel de « Master Of Reality », suit donc et quand le groupe poursuit son concert par War Pigs, l’on rentre carrément dans un état second. Le moins habituel mais tout aussi épique Dirty Women sera une des bonnes surprises de la soirée avec sa fin splendide qui ne manquera pas de toucher les connaisseurs.Plus tard le groupe se lance dans un medley Symptom Of The Universe/Sweet Leaf avant de dénicher une autre belle pépite cachée, cette fois tirée de « Paranoid » : Electric Funeral.
Ce titre sombre à souhait reflète toute la noirceur de Black Sabbath et Tony Iommi, toujours aussi discret sur scène, prend un ton très sévère. Les soli de ce dernier sont toujours aussi magiques et avec Geezer Butler, ils constituent sans aucun doute le mur maître du groupe tant ils sont les membres les plus solides et tant els années ne semblent avoir aucun effet sur eux. Les tubes Iron Man, Into The Void et la plus sombre Black Sabbath (pendant laquelle la nuit commencera à tomber) reçoivent probablement le meilleur accueil de la prestation des anglais avec War Pigs et Paranoid bien sur.Dans la série rareté, Ozzy prend un harmonica et entame très logiquement la splendide The Wizard issu du premier album du groupe. Après Paranoid qui clôture habituellement les prestations du groupe, les 4 reviennent pour interpréter pour la première fois depuis 1970 l’intro de Sleeping Village ! Moment culte ! Children Of The Grave vient ensuite clore le set fabuleux de Black Sabbath qui aura écrasé toute concurrence sur le festival.
Setlist Black Sabbath :
01-N.I.B
02-After Forever
03-War Pigs
04-Dirty Women
05-Fearies Wear Boots
06-Medley : Symptom Of The Universe/Sweet Leaf
07-Electric Funereral
08-Iron Man
09-Into The Void
10-Black Sabbath
11-The Wizard
12-Sabbath Bloody Sabbath intro/Paranoid
Encore :
13-Sleeping Village intro/Children Of The Grave
Rammstein que la popularité et le spectacle place logiquement en tête d’affiche suit ensuite. Mais il est clair que sur le plan musical voir les allemands au dessus de Black Sabbath sur une affiche est assez déroutant. Le groupe fera exactement le même show que sur sa tournée de Février en jouant un rappel de moins. Rammstein reste la grosse cylindré qu’il est, doté d’une production des plus impressionnantes (il est loin le temps des shows cheap de la locomotive !) mais demeure tout de même assez peu inspiré sur le plan musical et donne très vite l’impression de tourner en rond avec sa musique présentant très peu de dynamique. Toutefois on en prend encore une fois plein les yeux mais derrière Black Sabbath de toute façon rien ne pouvait prétendre susciter de l’intérêt.
Setlist Rammstein :
01-Reise Reise
02-Links 2 3 4
03-Keine Lust
04-Feuer Frei
05-Asche zu Asche
06-Morgenstern
07-Mein Teil
08-Stein um Stein
09-Stripped
10-Du riechst so gut
11-Du hast
12-Sehnsucht
13-Amerika
Encore :
14-Rammstein
15-Sonne
16-Ich will

Au final un super festival, sous un soleil de plomb dont le seul défaut est certainement d’être trop concentré et qui ferait mieux de s’allonger sur 2 jours en évitant ainsi au public de faire des choix trop cornéliens.

* Les photos sont de : Tineke Vonk et Henrik Van Duijnhoven à l'exception de celles de Black Sabbath qui proviennent du site Metal In The Picture.