ACCUEIL
NEWS
INTERVIEWS
LIVE REPORT
CD REVIEWS
CONCERTS
FESTIVALS
BOUTIQUE
LIENS
E-MAIL

 

NEAL MORSE

10 Juillet 2006

Verviers - Spirit Of 66

On n’y croyait plus et pourtant sans doute grâce à une action divine, Neal Morse est de retour en Europe épaulé d’un vrai groupe pour promouvoir son excellent dernier album « ? ». Malheureusement une fois encore, cette tournée sera très courte et fera totalement l’impasse sur la France. La date la plus proche de l’hexagone se trouve donc dans la sympathique petite ville de Verviers en Belgique. Neal Morse connaît bien les lieux, il a déjà joué au Spirit Of 66 de Verviers auparavant. Salle minuscule, ressemblant davantage à un bar équipé d’un balcon, le lieu est idéal pour communier en compagnie du prophète Neal Morse en toute convivialité. Pour l’occasion Morse n’est pas venu avec ses collaborateurs habituels que sont Mike Portnoy et Randy Georges. Un groupe d’hollandais inconnus et très jeunes, assemblés par le batteur Collin, sont donc les complices de l’ex Spock’s Beard sur cette tournée.
Au programme donc, un claviériste, un bassiste, un guitariste/choriste, une chanteuse, un batteur et bien évidemment Neal Morse au chant, au clavier et à la guitare. Le groupe nous délivre d’entrée comme annoncée un premier set grandiose totalement voué à l’interprétation intégrale de l’album « ? ». L’album a beau contenir une tripotée d’invités tous plus prestigieux les uns que les autres, aucun ne manquera vraiment sauf peut être Jordan Rudess pendant In The Fire. Tirons donc notre chapeau à cette jeune formation, très en place et à l’interprétation impeccable. Cet album épique prend toute sa dimension sur scène avec notamment cette première partie d’album très dynamique avec de petits joyaux tels que Another World, Sweet Elation, In The Fire et Solid As The Sun. La seconde moitié de l’album, et donc du set, se veut plus introspective et Neal célèbrera son œuvre en parfaite symbiose avec le public.
Sur Entrance, Morse descend dans le public pour chanter au contact de ce dernier avec beaucoup d’émotion. Il arpente toute la petite salle, monte les escaliers puis revient sur scène. Le chanteur nous raconte ensuite une anecdote qui lui est arrivée quelques semaines auparavant à Athènes. Ce dernier cherchait la colline de Mars (ndlr : lieu célèbre chez les chrétiens où de nombreux discours ont eu lieu) visiblement très difficile à trouver car masqué par l’acropole et mal indiquée. Une fois ce lieu découvert, Neal nous explique avoir chanté en haut de la colline la partie suivante Inside His Presence dont on peut résumer le sens par la phrase suivante : Dieu ne vit plus dans les pierres de ce temple mais dans le cœur de chaque être pur.
Evidemment tout cela prête au sourire pour la proportion de fans non croyants de Neal Morse mais toutefois l’émotion et l’excellence musicale sont là et cela transcende n’importe quel discours. Le premier set s’achève donc sur The Temple Of The Living God et toute l’assistance semble éblouie. Le groupe revient ensuite après une courte pause. Morse n’avait pas eu l’opportunité de tourner pour son album précédent « One » et l’on pouvait s’y attendre ce dernier profite bien sur de l’occasion pour réparer cela. Ce second set sera donc entièrement consacré à « One » bien que l’album ne sera pas joué en entier ici. Neal nous propose donc une sélection d’une bonne cinquantaine de minutes. Si il n’est pas nécessaire d’être croyant pour apprécier la musique de Neal Morse, cet opus « One » reste tout de même beaucoup plus explicite que « ? » et l’on peut parfois se sentir un peu hors sujet lorsque l’on appartient à aucune communauté religieuse.
Toutefois c’est toujours l’émotion qui l’emporte avec un set certes moins bon que le premier mais qui réserve son lot de bons moments. Tout d’abord avec la longue pièce The Creation qui remporte un franc succès dans le public. Ensuite Morse et ses apôtres nous interprètent 2 ballades à savoir The Man’s Gone et Cradle To The Grave. Plus tard dans le set Neal Morse explique qu’à cause du fait que « One » durait déjà 79 minutes, le morceau suivant n’avait honteusement pas pu être ajouté. Le groupe joue donc le U2esque et inattendu King Jesus présent sur le cd bonus de l’édition limité de « One ».
Pour finir ce set rien de tel que Reunion, splendide morceau épique qui verra à nouveau Neal se fondre dans le public et qui donnera naissance à un joli canon entre le public, Neal Morse ainsi que la chanteuse et le guitariste de la formation. Les amateurs de « One » seront ravis par ce second set, les autres moins mais le meilleur reste à venir. En guise de rappel, comme bien souvent, Morse interprète We All Need Some Light seul et unique extrait, malheureusement, du répertoire de Transatlantic ce soir.
Toutefois l’habitant de Nashville nous réserve une jolie surprise en interprétant en guise de final toute la fin du premier cd de « Snow », dernier album de Spock’s Beard sur lequel il apparaît et dont il n’avait jamais rien joué sur scène en groupe. Le public exulte sur Open Wide The Flood Gate et avant d’entamer la seconde partie du morceau, Neal nous livre une nouvelle anecdote que l’on peut voir comme le tournant de sa carrière. Il nous ramène vers un de ses vieux souvenirs dans une chambre d’hôtel d’Hambourg où après avoir trop bu il se sentait réellement mal. C’est alors qu’il a imploré l’aide de Dieu et que ce choix, représenté par la pochette de l’album « Snow », s’est présenté à lui : Foncer dans ce mur d’eau devant lui main dans la main avec Dieu sans trop savoir où aller ou bien faire un pas en arrière et conserver sa vie actuelle. Tout le monde connaît la suite.

Le concert se termine donc sur Solitary Soul et Wind At My Back. En bref un concert énorme qui nous fait regretter la trop longue absence de Neal sur Paris. Certains râleront sans doute sur l’omniprésence du caractère religieux dans la musique de Morse, qui mine de rien élimine quelque peu la communication avec une partie de son public, mais après tout nous ne sommes que devant des mots et un concert de Neal Morse serait sans doute moins passionné, grandiose et riche en émotion si Neal ne consacrait pas sa musique à Dieu.

 

Setlist :
Set 1 ("?") :
01-The Temple of the Living God
02-Another World
03-The Outsider
04-Sweet Elation
05-In the Fire
06-Solid as the Sun
07-The Glory of the Lord
08-Outside Looking In
09-12
10-Entrance
11-Inside His Presence
12-The Temple of the Living God
Set 2 ("One") :
13-The Creation
14-The Man's Gone
15-Cradle To The Grave
16-Help Me/The Spirit And The Flesh
17-King Jesus
18-Reunion
Encore :
19-We All Need Some Light Now
20-Open Wide The Flood Gate
21-Open The Gate Part 2
22-Solitary Soul
23-Wind At My Back