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OPETH

AMPLIFIER

05 Décembre 2006

Paris - Elysée Montmartre

« Ghost Reveries » est sorti en août 2005 et Opeth est toujours sur la route en train de le promouvoir. 4 tournées européennes et ce 5 décembre 2006 marque le 3 ème passage parisien du groupe en 15 mois. Rien que ça ! C’est aux excellents Amplifier, en provenance de Manchester, que revient l’honneur d’ouvrir sur les dernières dates de la tournée. Bien que le groupe ait été choisi personnellement par Mike Akerfeldt, il était intéressant de voir quel allait être l’accueil réservé à leur musique résolument plus rock, tout en restant tout de même lourde et expérimentale. Malheureusement, ce soir à Paris le public ne montre guère d’enthousiasme devant le set pratiqué par le groupe. Le son assez faible n’aidant pas à rentrer totalement dans le transe pratiquée par Amplifier. Pourtant le groupe délivre un bon concert, bizarrement axé presque entièrement sur son premier album. En effet, à l’exception d’O Fortuna, tous les autres titres proviennent du premier album éponyme. Etrange, mais pas déplaisant étant donné que ce premier album surpasse de la tête au pied son successeur.
De plus le groupe puise vraiment dans les meilleurs moments de ce premier opus, d’entrée de jeu avec Motorhead titre aussi planant que puissant. Le groove assassin, aux relents stoner, de Panzer fait également son petit effet mais le point d’orgue de la prestation est sans aucun doute l’interprétation du psychédélique Airborne qui envoie le public dans les étoiles en le sortant quelque peu de son attitude attentive. Le final chaotique du titre prend toute sa dimension en concert et le groupe se retire en ayant signé une bonne prestation. On aurait aimé toutefois entendre plus d’extraits du nouvel opus « Insider » et le groupe aurait pu montrer plus de motivation également, mais tout cela sera sans doute de la partie lorsque les anglais reviendront en tête d’affiche l’année prochaine, dans un environnement qui sera le leur.
Setlist Amplifier :
01-Motorhead
02-O Fortuna
03-Panzer
04-Neon
05-Airborne

Vient ensuite Opeth. Après tant de passages ces derniers temps, en nous offrant à chaque fois une setlist différente, qu’est ce que le groupe allait nous réserver ? Tout simplement un mélange de ces setlists, une nouvelle grosse surprise dans le set et bien sur un renouvellement des désormais traditionnelles blagues de Mike Akerfeldt (à quand le one man show Mike ?). Après une courte intro orientale sur bandes, les suédois entrent en scène sous l’ovation d’un Elysée Montmartre bien rempli. Notons que ce concert est le premier qu’Opeth effectue dans une salle plus grande que la Locomotive et bien que le groupe soit déjà venu à 2 reprises à Paris il y a un an, le public est toujours présent et nombreux. Le groupe nous envoie sans trop de surprise un Ghost Of Perdition dans les dents d’entrée de jeu. Malgré la qualité indéniable du morceau en studio, ce titre ne parvient pas à devenir un réel classique d’Opeth en live pour on ne sait quelle raison. Ce qui n’est pas le cas de When, issu de « My Arms, Your Hearse ». Avant de jouer ce titre, Mike ne tarde pas à faire le plaisantin en nous montrant avec fierté et insistance sa nouvelle guitare et en déclarant également s’être bourré la gueule la veille dans un Hippopotamus !
Ce titre qui avait été une réelle surprise en septembre 2005, s’avère être aujourd’hui un véritable incontournable d’Opeth en live en n’ayant été écarter du set que pour les festivals d’été. On enchaîne sur l’excellent Bleak, extrait du non moins excellent « Blackwater Park », sur lequel Akerfeldt montre quelques faiblesses vocales sur la partie en chant clair. Mais ce titre, comme tous ceux de « Blackwater Park », se montre toujours aussi bon en live. Le groupe adoucit le propos en jouant la splendide ballade Face Of Melinda sur lequel Akerfeldt chante divinement bien et où Martin « Axe » Axenrot montre qu’il peut également jouer de façon plus subtile. On avait d’ailleurs constaté la progression évidente du batteur entre les tournée de septembre et décembre 2005 et un an après le constat est définitivement rassurant. Axenrot s’approprie aujourd’hui les titres d’Opeth et arrivent enfin à monter un swing à la hauteur de celui de Lopez. De plus on sent vraiment le batteur heureux d’être là, jouant avec plein d’entrain et de puissance.
Sur ce début de concert le son dans la salle n’est pas optimum. La voix de Mike n’est pas très en avant, rendant son growl un peu faible et Peter Lindgren sera le grand oublié de la soirée niveau mixage, sa guitare étant très largement en dessous de celle d’Akerfeldt. Ce dernier nous annonce une rareté issue de « Morningrise », album sorti il y a 10 ans. Avec humour, Mike déclare : « J’avais 22 ans à l’époque, Peter en avait 45 et Mendez n’était même pas encore né ! Nous étions satisfaits de tous les titres de cet album à l’époque, sauf de celui que nous allons vous interpréter ce soir. Il est assez influencé par le doom, mais pas par My Dying Bride ou Anathema. Plutôt par Jerry Lee Lewis ». Poilant ! Le groupe nous balance donc un The Night And The Silent Water inespéré pour tous les fans de « Morningrise ». A l’image de Under The Weeping Moon l’année dernière, le titre bénéficie au passage d’une nouvelle fraîcheur due à l’interprétation impeccable du groupe mais aussi par l’apport de mellotron par Per Wiberg sur la partie centrale du morceau, comblant du coup le côté vide présent sur la version studio. Après cette surprise, Akerfeldt se montrera très loquace sur toute la seconde moitié du show.
D’un vieux titre, on passe à ce que le groupe a écrit plus récemment avec Mike qui déclare toujours avec humour : « Ensuite nous avons voulu faire de l’argent. C’est pourquoi nous avons écrit de la musique pour le grand public ». Il nous annonce ensuite un titre à propos de Lucifer, sujet qu’il reconnaît lui-même comme étant ringard, et c’est donc naturellement The Grand Conjuration qui suit et qui se révèle toujours aussi bon sur scène alors qu’il s’agit paradoxalement d’un des titres les plus faibles de « Ghost Reveries ». Après avoir charrié Mendez, Akerfeldt introduit le tripant et calme Windowpane que l’on est bien heureux d’entendre à nouveau en concert mais sur lequel Mike fera un gros pain lors d’un solo. Mike nous refait comme en septembre 2005 le caprice de vouloir voir le public headbanguer dans le vide sans musique et de chanter en harmonie sur une note provenant de la guitare de Peter. On comprend vite que c’est Blackwater Park qui va suivre pour notre grand bonheur, tant ce titre prend des allures gigantesques et grandioses en concert. Sans aucun doute un des meilleurs moments de la soirée avec un final tout simplement dantesque.
Le groupe se retire ensuite et revient évidemment pour un rappel. On hésite entre Demon Of The Fall et Deliverance et c’est finalement ce dernier qui sera choisi après une introduction du groupe où encore une fois Mike veut faire participer le public, auquel il répondra arriver à son tour : C’est correct. Je suis Alice Cooper ! Le joyau de l’album du même nom ne déméritera pas et nous offrira une fin de prestation réjouissante. Au final, Opeth nous livre une nouvelle fois un très bon concert. Mais l’accumulation de dates du groupe ces derniers mois blase quelque peu le public et fait de ce concert juste un concert de plus. Pas un des meilleurs, pas un des moins bons non plus. Signalons tout de même le fait qu’Axenrot prend définitivement ses marques. Le bilan global de cette tournée « Ghost Reveries » qui aura duré 19 mois est plus que positif. Le groupe aura franchi bien des étapes en proposant des concerts plus longs, en effectuant une meilleure rotation dans le set et en interprétant des raretés jamais jouées auparavant comme When, Blackwater Park, Under The Weeping Moon, The Amen Corner et The Night And The Silent Water. On attend maintenant le nouvel album.
Setlist Opeth :
01-Ghost Of Perdition
02-When
03-Bleak
04-Face Of Melinda
05-The Night And The Silent Water
06-The Grand Conjuration
07-Windowpane
08-Blackwater Park
Encore :
09-Deliverance