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SPOCK'S BEARD

15 Octobre

Paris - Locomotive

Il y a tout juste 2 ans, le label Inside Out célébrait un anniversaire par une tournée regroupant The Califronia Jam Trio, Enchant et Spock’s Beard. Cette affiche avait fait escale par l’Elysée Montmartre et Spock’s Beard, malgré un set court (90 minutes), avait réussi à prouver que sans Neal Morse le groupe demeurait un incontournable du genre progressif. Un concert de Spock’s Beard peut s’apparenter à une recette dont les ingrédients sont : passion, engagement, humour, virtuosité, diversité, dynamique le tout saupoudré d’une grosse dose de bonne humeur.
Ce concert étrangement programmé en plein après-midi, est l’occasion pour le groupe de se rattraper de la durée de son précédent set parisien mais également de sa non venue en France en mars dernier. Chose que le groupe va faire plutôt deux fois qu’une ! En effet ce sont 2 h 30 de musique qui sont prévues au programme, ainsi qu’une surprise sur laquelle nous reviendrons en fin de set. Le groupe puise en toute logique majoritairement dans son dernier album « Octane » (dont la quasi-totalité sera jouée) mais fait également la part belle aux albums « The Kindness Of Strangers » et « The Light ».
Le concert débute par A Flash Before My Eyes, suite de titres indépendants mais liés par une histoire, qui nous offre déjà de nombreux bons moments comme l’intro vitaminé The Ballet Of Impact, sur laquelle Nick D’Virgilio rentre en scène derrière la batterie, l’énergique Surfing Down The Avalanche, la ballade She Is Everything et la reprise des thèmes principaux dans Of The Beauty Of It All. Le groupe reste sérieux pendant l’interprétation de ce titre mais va se lâcher tout de suite après. Pour décoincer l’ambiance rien de tel qu’un vieux medley des familles avec Good Don’t Last/Strange World. Le public connaisseur exulte dès les premières notes et les membres du groupe commencent à faire les mariols.Alan Morse s’amuse toujours avec ses poses de guitar-hero (qui ne joue qu’aux doigts) qui semblent presque être ironiques.
Nick D’Virgilio tantôt derrière la batterie et tantôt derrière le micro avec ou sans guitare, s’amuse également beaucoup avec certaines blagues et une façon d’insister particulièrement sur l’horaire peu habituel du concert d’aujourd’hui. Dave Meros reste toujours discret, tandis que son partenaire rythmique, le frêle mais non moins gros cogneur Jimmy Keegan, profite également de la moindre occasion pour manifester sa joie. La mascotte du groupe reste toujours le claviériste Ryo Okumoto, qui martyrise avec conviction ses claviers, qui se retrouveraient d’ailleurs dans le décor sans la bienveillance d’un roadie là pour les rattraper. Ryo se retrouvera même soulevé par Nick à un moment crucial du concert, et les 2 clowns grimperont sur les racks du japonais manquant de tout faire tomber.
A la fin de Strange World, le groupe demande au public de faire des rires forcés pour reproduire ceux présent sur la version studio. Ryo s’adonne alors à une série de phrases en japonais, qu’évidemment seul lui comprend et semble se moquer de Nick D’Virgilio. Poilant. Le groupe enchaîne sur l’instrumental NWC, où Ryo (encore lui !) prend sa guitare/clavier pour défier Alan Morse comme dans un combat de sumo. La suite du morceau voit Jimmy Keegan et Nick D’Virgilio s’affronter à leur tour mais à la batterie pour le fameux solo à deux, déjà présent sur la précédente tournée du groupe. Et voilà comment faire d’un titre passable en studio, un grand moment live. Retour dans le temps pour l’interprétation de Go The Way You Go, tiré du premier album du groupe et qui reçoit de la part de la foule l’accueil que l’on réserve aux classiques.
La Locomotive reprend en chœur le refrain de la chanson avec passion puis on passe ensuite à un instrumental qui figurera sur le prochain album solo d’Alan Morse et qui sert donc ici plus où moins d’intermède solo où le guitariste peut exprimer son art. Toutefois ce titre laisse plutôt froid le public et ne donne pas spécialement envie de se plonger dans ce futur album solo. C’est ensuite au tour de Ryo Okumoto de faire son solo. Dans la grande tradition de ses solos, ce dernier se révèlera assez ennuyeux et restera davantage l’occasion de voir Ryo faire le pitre.
2 mauvais points donc, coup sur coup, mais le groupe rebondit de la plus belle des manières avec le jouissif At TheEnd Of The Day tiré de l’excellent « V ». Sur ce titre tout le savoir faire du groupe est exposé, bon riffs, de belles mélodies accrocheuses avec des chœurs et un joli refrain.Au milieu du morceau c’est Dave Meros qui bénéficie d’un solo de basse, et s’en sort au passage beaucoup mieux que ses partenaires Alan et Ryo.Une fois la fin épique du morceau atteinte, pour ce qui constitue le point culminant du concert, Nick et Alan prennent chacun une guitare acoustique.
Nous avons donc le droit à un joli medley composé de Carry On, mais surtout du milieu de The Doorway qui voit donc Nick remplacer Neal Morse pour la célèbre partie acoustique autrefois interprété de façon très complice entre les 2 frères Morse. En 2003 Nick avait peiné quelque peu sur ce passage, mais il passera ici à merveille et la complicité entre Nick et Alan semble également très présente.Le groupe continue sur sa lancée acoustique avec la jolie ballade d’ « Octane » : There Was A Time. Après un Harm’s Way qui fait plaisir, le groupe quitte la scène sur le joyeux et entraînant As Long As We Ride. Lorsqu’il revient, c’est avec une bonne surprise. On peut voir un individu caché derrière des lunettes noires prendre possession de la batterie de Nick D’Virgilio.
Présent la veille au concert d’Oceansize, ce batteur n’est nul autre que Mike Portnoy qui profite de quelques jours de repos pour venir taper le bœuf avec ses amis Spock’s Beard.Evidemment la Locomotive réserve une belle ovation au batteur de Dream Theater, qui n’a pas du mettre les pieds ici depuis son premier concert parisien. Mike Portnoy jouera donc ce dernier titre avec le groupe, et quel titre ! Tout simplement The Light, une des suites épiques les plus populaires du groupe. Portnoy attire tellement l’attention qu’on en oublie presque la splendeur de ce titre riche en émotions pures.

Voilà, le concert et déjà fini, et le temps est passé encore trop vite, même si cette fois on ne peut pas reprocher au groupe de ne pas avoir joué assez longtemps. Certes Neal Morse n'est plus là et sa voix manque quelque peu, certes Ryo ne palie pas totalement tout seul à l'absence des claviers de Neal Morse, mais Spock's Beard est tout de même un groupe hors norme qui offre un concert varié, riche et dynamique. Vous ajoutez à cela la grosse cerise sur le gâteau avec la présence de Mike Portnoy et vous obtenez tout simplement un des meilleurs concerts de l’année.

 

Setlist Spock's Beard :
01-The Ballet Of Impact
02-I Wouldn't Let It Go
03-Surfing Down The Avalanche
04-She Is Everything
05-Climbing Up That Hill
06-Letting Go
07-Of The Beauty Of It All
08-Medley : Good Don't Last/Strange World
09-NWC
10-Go The Way You Go
11-Alan Morse Solo
12-Ryo Okumoto Solo
13-At The End Of The Day
14-Medley : Carry On/The Doorway
15-There Was A Time
16-Harm's Way
17-As Long As We Ride
Encore :
18-The Light