ACCUEIL
NEWS
INTERVIEWS
LIVE REPORT
CD REVIEWS
CONCERTS
FESTIVALS
BOUTIQUE
LIENS
E-MAIL

 

SUICIDAL TENDENCIES

KRUGER

GRIMSKUNK

19 Avril 2007

Paris - Elysée Montmartre

Apparemment il en est fini des galères que Suicidal Tendencies traîne depuis fin 2003. 2 opérations du dos pour son leader Mike Muir, auront mis la carrière du groupe en difficulté pendant ces 4 dernières années, même si pendant ce temps le groupe a travaillé sur la réalisation de plusieurs albums. Après quelques dates en Australie, histoire de se chauffer, le groupe de Venice a choisi de se focaliser uniquement sur la France pour faire son retour. En effet, Suicidal Tendencies effectue en ce mois d’avril une tournée française de pas moins de 11 dates ! Fait suffisamment rare pour être souligné. En cette escale parisienne, c’est tout d’abord les québécois de Grimskunk qui investissent un Elysée Montmartre pas franchement rempli pour l’heure. Les canadiens pratiquent un set carré et festif mais semblent manquer ce soir d’une certaine banane communicative. En résulte une adhésion très limitée du public. Changement radical de style avec Kruger qui vient asséner pendant une bonne demi heure à un public non averti, son doom/sludge sombre et lourd. Suicidal Tendencies a beau attirer un public large allant des fans de hardcore aux thrasheurs ou bien encore à quelques fans de fusion funk/rock, la salle restera totalement hermétique devant le show apocalyptique des suisses.
Passons donc au retour presque émouvant de la formation californienne. Avant même que les lumières s’éteignent les excellents Steve Brunner et Dean Pleasants pointent leurs nez sur scène et saluent le public. A l’heure où les lumières s’éteignent, la salle affiche presque complet, et quand l’intro du cultissime You Can’t Bring Me Down retentit c’est l’hystérie totale. Mais cela n’est rien en rapport à l’arrivé de Mike « Cyco Miko » Muir sur scène. Tout le monde attend le chanteur âgé de 43 ans au tournant à cause de ses problèmes de dos récents, et Muir dissipe d’entrée tous les doutes en arpentant à son habitude la scène dans tous les sens et en nous gratifiant de ses traditionnelles mimiques. Petit bémol cela dit, son chant sera en retrait dans le mixage tout au long de la première moitié du show. Comme toujours son lieutenant Mike Clark n’est pas en reste et affichant une grosse motivation et un charisme impressionnant. Dean Pleasants est toujours aussi sobre et discret mais assure tous ses solos avec feeling. Quant au jeune prodige Steve Brunner, sa marge de progression à la basse est impressionnante, si bien que l’on ne pense à aucun moment au spectre de Robert Trujilo. Son frère de batteur Ron Brunner Jr. n’étant pas là, c’est un ami du groupe Dave Hidalgo qui assure avec brio la batterie.
Le show se poursuit avec une rareté des familles qui fait plaisir à entendre, à savoir le fameux Trip At The Brain sur lequel le public exulte. Profitant de cet élan, le groupe nous balance cette fois un gros classique avec War Inside My Head repris en chœurs par le public totalement acquis à la cause du gang de Venice. Amusant d’ailleurs de constater une multitude de personnes arborant des bandanas et des débardeurs marqués du chiffre 13 dans la salle. Après un Subliminal qui fait sauter tout l’Elysée Montmartre, Mike Muir nous annonce une nouvelle surprise avec l’interprétation d’un titre issu de « The Art Of Rebellion » : Monopoly On Sorrow. Les connaisseurs ne s’y tromperont pas, c’est peut être la première tournée depuis 10 ans où le groupe interprète un titre extrait de cet opus. Toutefois nous signalerons une petite baisse de tension sur ce titre qui n’est pas des plus efficaces en concert. Après un petit solo de slap à la basse et une courte improvisation de Brunner et Pleasants le groupe enchaîne sur Send Me Your Money qui est une nouvelle occasion d’apprécier l’excellent jeu de Steve Brunner. Le groupe n’interprétera aucun titre de son dernier album en date « Free Your Soul And Save My Mind » mais piochera comme souvent 2 petites tueries de « Freedumb » avec We Are Family et Cyco Vision.
Après les old school Possessed To Skate et I Saw Your Mommy, Suicidal Tendencies nous livre sans aucun doute la meilleure surprise de la soirée avec le retour dans le set de How Will I Laugh Tomorrow. Incontestablement un des meilleurs titres du groupe, dévoilant à la fois le côté épique et mélodique de la formation, ainsi que son penchant plus agressif, le titre fait mouche dans le public. Une nouvelle fois Steve Brunner nous impressionne sur Lovely en insérant lors des breaks quelques phrasés de slap bien sentis. Lorsque Mike annonce qu’il est l’heure de montrer son dévouement, on se doute que le quintet va jouer le fédérateur Pledge Your Allegiance qui comme la tradition le veut, verra une grosse partie du public envahir la scène de l’Elysée Montmartre dans un joyeux bordel qui fait plaisir à voir. Après s’être retiré quelques minutes, Suicidal Tendencies revient pour un I Want More des familles suivi en final de Cyco extrait de « Join The Army », assurément le titre le plus surprenant de la soirée tant il n’a pas du être interprété depuis des lustres par la formation. Que dire de plus, si ce n’est que ST signe un retour gagnant et demeure un des meilleurs groupes de scène en activité tout en évoluant dans son petit monde, en marge de toutes tendances et scènes musicales.
Setlist Suicidal Tendencies :
01-You Can't Bring Me Down
02-Trip At The Brain
03-War Inside My Head
04-Subliminal
05-Monopoly On Sorrow
06-Send Me Your Money
07-We Are Family
08-Possessed To Skate
09-Cyco Vision
10-I Saw Your Mommy
11-How Will I Laugh Tomorrow ?
12-Won't Fall In Love Today
13-Lovely
14-Pledge Your Allegiance
Encore :
15-I Want More
16-Cyco