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UNHOLY ALLIANCE 2006

SLAYER

IN FLAMES - CHILDREN OF BODOM

LAMB OF GOD - GOJIRA

07 Novembre 2006

Paris - P.O.P.B

Le P.O.P.B de Bercy accueille à nouveau cette seconde édition européenne du Unholy Alliance Tour, mais cette fois avec une affluence beaucoup plus faible que celle d’il y a 2 ans, qui elle avait plutôt été fédératrice cause de la cohabitation de Slipknot et Slayer en co-tête d’affiche. C’est en effet un P.O.P.B bien vide qui est témoin en ce 7 novembre 2006 d’une nouvelle étape dans la carrière du groupe français qui ne cesse de monter : Gojira. Se joignant à l’affiche sur cette date parisienne, les bayonnais ne sont évidemment pas là pour faire de la figuration. En puisant majoritairement dans son dernier album « From Mars To Sirius », Gojira fait forte impression en se montrant une nouvelle fois impeccablement précis et hargneux.
Le monstre recueille d’ailleurs l’enthousiasme de quelques membres de Lamb Of God à savoir Chris Adler et Randy Blythe, qui s’éclatent tout 2 littéralement sur le côté de la scène à l’écoute de la musique des frenchies. Signalons au passage que le groupe ne souffrira pas de mauvaises conditions acoustiques, comme on aurait pu le craindre. Toutefois, même si il ne faut rien enlever à la classe et au professionnalisme de Gojira, le groupe n’offre pas vraiment ce soir quelque chose de plus particulier à ses habitués et on s’attendait peut être à plus d’envie vu la taille de l’évènement. Mais au final avec des titres massue, exécutés à la perfection, comme Ocean Planet, Backbone, Remembrance ou bien encore The Heaviest Matter Of The Universe en conclusion, la formation du sud ouest a sans aucun doute converti de nouveaux adeptes.
Setlist Gojira :
01-Ocean Planet
02-Backbone
03-Remembrance
04-Clone
05-Flying whales
06-The heaviest matter of the universe
Passons maintenant à ceux qui sont depuis longtemps énormes aux Etats-Unis, mais qui ont encore tout à prouver en Europe et plus particulièrement en France : Lamb Of God. Le groupe gagnerait indéniablement à être connu, mais le fait que sa maison de disque française n’ait pas sorti ses 2 derniers albums « Ashes Of The Wake » et « Sacrement » n’aide pas beaucoup. Du coup la majorité du public restera perplexe devant cette prestation du groupe originaire de la Virginie, d’autant plus que l’acoustique se montre plus brouillonne que pour le set de Gojira. Le groupe entre sur scène avec Ruin extrait de « As The Palaces Burn » et enchaîne ensuite sur ses compositions les plus récentes.
Randy Blythe est déchaîné et arpente la scène de Bercy dans tous les sens. Le chanteur présente également un chant plus guttural à certains moments et assure avec brio son rôle de frontman. L’excellent batteur Chris Adler, véritable poumon de la formation, est lui aussi impeccable et s’impose comme une des références actuelles en terme de thrash américain. Pour ce qui est des autres, malgré un jeu très précis, on pourra reprocher une certaine mollesse et une nonchalance pas forcement bien venu pour un groupe qui a tout à prouver ici. Ce sera le seul petit hic de la prestation des américains. On sent que le groupe est un peu blasé et pourtant ici à Paris il joue dans un anonymat quasi-total. Cela dit, Randy Blythe est véritablement dans le coup et sauvera la prestation pour ses camarades.
Signalons un très bon choix des titres tirés du dernier album avec les entraînants Walk With Me In Hell et Redneck ainsi qu’avec les colossaux Pathetic (qui souffre toutefois de l’absence de chœurs en live) et Blacken The Cursed Sun. Le titre qui récoltera le meilleur accueil sera sans aucun doute NowYou’ve Got Something To Die For extrait de « Ashes Of The Wake ». Pour finir sa prestation le groupe joue son classique Black Label, précédé de l’intro de batterie de Raining Blood, et se retire en ayant sans doute conquis une partie de l’audience mais on a le sentiment que le groupe aurait pu donner plus.
Setlist Lamb Of God :
01-Ruin
02-Laid To Rest
03-Walk With Me In Hell
04-Pathetic
05-Now You've Got Something To Die For
06-Blacken The Crused Sun
07-Redneck
08-Black Label
Vient donc le tour des finnois de Children Of Bodom. Le groupe d’Alexi Laiho jouit de nombreux fans ce soir dans le P.O.P.B et va leur offrir une prestation énergique et communicative. Le groupe puise surtout dans ses 2 derniers albums en date pour faire la démonstration de son death metal symphonique. On ne peut pas changer le groupe, mais comme toujours on s’indigne devant le son cheap & cheesy du claviériste/poseur Janne Warman, qui utilise une palette de son se limitant à du clavecin façon bontempi et autres bruitages tout droits sorti des jeux vidéos japonais signés Konami. Rien à redire toutefois sur la technique et la complicité de Laiho et Warman si ce n’est qu’il manque aux 2 scandinaves un soupçon évident de feeling et qu'ils ont une certaine tendance à la démonstration gratuite. Toutefois les fans adorent, et Children Of Bodom en se retirant sur Downfall laisse le sentiment d’avoir bien fait son boulon.
Certains étaient sans doute inquiets quant au set des suédois d’In Flames, le guitariste Jesper ayant déclaré forfait pour raisons personnelles en début de tournée. Mais pas de soucis à avoir, au final son remplaçant Niklas Engelin comble le vide au pied levé. In Flames nous propose au long des 50 minutes qui lui sont allouées, un set plutôt représentatif de l’ensemble de sa carrière, en axant le tout surtout sur ses 4 derniers albums. Le groupe débarque avec la banane sur le catchy Pinball Map extrait de « Clayman » et poursuit avec quelques tubes de « Reroute To Remains » plus récents, tels que Cloud Connected ou bien encore Trigger.
Nombreux sont les fans qui ont fait le déplacement principalement pour voir la formation suédoise la plus populaire du moment et cela se ressent dans l’aisance du groupe et la réaction du public. Les fans de la première heure, sans aucun doute déçus par les prestations récentes du groupe, pourront se consoler toutefois avec un Graveland extrait de « The Jester Race ». Anders a beau ne pas être le meilleur chanteur de la planète, il n’en demeure pas moins un frontman amusant et n’hésite pas à charrier le public lorsqu’il le trouve trop amorphe lors de la convenue présentation des groupes en comparant son enthousiasme à celui du public allemand. Le groupe finit une prestation plutôt bonne, même si encore une fois très froide, avec ses récents tubes Take This Life et My Sweet Shadow.
Setlist In Flames :
01-Pinball Map
02-Leeches
03-Cloud Connected
04-Trigger
05-Egonomic
06- Resin
07-Only for the Weak
08-Graveland
09-Come Clarity
10-The Quiet Place
11-Take This Life
12-My Sweet Shadow

Vient donc le tour des patriarches de l’affiche, les indécrottables Slayer. Si il y a 2 ans les pionniers du thrash avaient joués une prestation quelque peu ébranlée par la fougue et l’envie de Slipknot, cette année les californiens ne subissent pas vraiment de concurrence faisant cavalier seul dans la catégorie des « gros » groupes. On commence à le savoir, Slayer et routine font bon ménage mais pourtant il y a quelques nouveautés sur cette tournée. Un écran géant diffusant des images a fait son apparition en fond de scène, et ce dernier apporte un plus visuel indéniable, notamment sur les nouveaux morceaux de « Christ Illusion ». Plus ridicule mais tout de même amusant, ces murs de Marshall disposés en croix retournée. Poilant ! Le groupe fait bizarrement l’impasse sur l’album « Hell Awaits » mais représentera toutefois convenablement, comme à son habitude, chaque opus du groupe période année 80.
Les albums les plus représentés de la soirée seront les 2 derniers du groupe avec Lombardo derrière les fûts, à savoir « Christ Illusion » et « Season In The Abyss ». Le groupe entre en scène avec le seul titre de l’ère Bostaph interprété ce soir : Disciple. Dès le début du set on constate un Tom Arraya en petite forme vocale, ne poussant pas beaucoup sur sa voix. Mais plus tard le chanteur, adoptant le look d’un Saddam Hussein à l'époque de son arrestation par les américains, se servira carrément du statut des classiques pour économiser le plus de mots possibles et laisser le public faire le boulot à sa place. Jolie astuce Tom, mais malheureusement pas très discrète lorsque l’on constate que les interventions vocales les plus énergiques sont systématiquement évitée.
Toutefois après toutes ces années, difficile d’en vouloir au bassiste/chanteur qui tout comme ses collègues traîne toujours sa carcasse sur scène et Slayer demeure malgré tout un véritable arsenal de guerre. Les nouveaux titres passent très bien l’épreuve de la scène, et ce n’est pas étonnant vu leur qualité. Jihad sera illustré par des images du 11 septembre 2001, Supremist (dont la présence surprend !) par une collection de vidéos montrant plusieurs chefs religieux. Les 2 meilleurs nouveaux titres seront sans aucun doute Cult et Eyes Of The Insane pendant lequel sera diffusé sur l’écran géant, le clip malsain lui correspondant et mettant en scène un œil dans lequel est reflété les horreurs de la guerre. Assurément un des titres les plus morbides jamais composés par le groupe.
Les vieux singes seront ravis avec l’interprétation de vieilles cartouches telles que Die by The Sword et Chemical Warfare. Pour le reste on reste dans l’archi habituel, avec la traditionnelle suite de classique à laquelle on ne peut pas échapper et qui blase forcement dès lors que l’on a quelques heures de vols avec le groupe. Ajouté à cela les gimmick habituels (Kerry King balançant sa guitare de gauche à droite sur War Ensemble, changeant de côté avec son compère Hanneman lors du premier couplet de Dead Skin Mask ou bien encore Arraya dévissant son cou sur les solos d’Angel Of Death). Si la paire King/Hanneman comme à son habitude reste irréprochable, Dave Lombardo pourtant excellent il y a 2 ans se montre ce soir décevant.
Certains de ses roulements improvisés ne retombent pas dans le temps et il ira même jusqu’à foirer l’intro de Raining Blood oubliant le break crucial. Sans doute un des rares mauvais soirs pour Lombardo qui nous a évidemment habitué a bien mieux que cela. Vous l’aurez compris, nous voici devant un concert de Slayer banal et même plutôt moyen. Mais ce soir, l’intensité toujours véhiculé par le groupe et la qualité des compositions, aura suffit à écraser toute concurrence et à faire de Slayer les rois de la soirée. A l’image de sa première édition, le Unholy Alliance bien que séduisant sur le papier, ressemble surtout à une succession de groupes jouant plus ou moins en roue libre, certes de façon efficace, mais le côté fade véhiculé par les protagonistes de l’affiche ne fera pas de ce concert un des moments marquants de l’année 2006 contrairement à ce que l’on pouvait en attendre.
Setlist Slayer :
01-Disciple
02-War Ensemble
03-Jihad
04-Cult
05-Mandatory Suicide
06-Season In The Abyss
07-Die By The Sword
08-Chemical Warfare
09-Supremist
10-Eyes Of The Insane
11-Dead Skin Mask
12-Raining Blood
Encore :
13-South Of Heaven
14-Angel Of Death