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BEYOND FEAR

Entretien avec Tim "Ripper" Owens (chant)

09/03/06 - Holiday Inn République - Paris

 

Suite à la longue pause prise par Iced Earth à la fin de l'été 2004, Tim "Ripper" Owens a enfin saisi l'opportunité de creer son propre groupe : Beyond Fear. Le premier album du groupe sortira en mai et devrait satisfaire les amateurs de metal traditionnel tout en ayant une pointe de fraicheur et de modernité. Entretien avec l'ancien remplacent de Rob Halford dans une mauvaise forme, malade à crever ce qui le contraindra à annuler quelques interviews en fin de journée.

Salut Tim. Tout d’abord peux tu me raconter la naissance de Beyond Fear ?

C’est juste quelque chose que j’ai toujours eu envie de faire. J’ai toujours voulu que ces chansons soient entendues et c’est pourquoi j’ai finalement voulu créer un groupe pour les jouer. C’est mieux ainsi. Ce n’est pas comme sortir un album solo, c’est réellement un vrai groupe. J’ai voulu faire ça depuis que je suis entré dans Judas Priest en fait, mais il m’était impossible à l’époque de pouvoir avoir un projet parallèle ou un autre groupe. Quand j’ai rejoint Iced Earth, j’ai dit tout de suite à John (ndlr : Schaffer) que je voulais faire cela. C’est donc à partir de là que John Comprix et le reste de Beyond Fear se sont assemblés.

Et quand tout cela a-t-il commencé exactement ?

J’ai commencé à écrire les chansons il y a 5 ans je crois. Mais c’est devenu quelque chose de plus sérieux depuis 2 ans à la fin de la tournée avec Iced Earth.

Peux tu présenter les musiciens de Beyond Fear à mes lecteurs ?

John Comprix est le guitariste soliste, il a co-écrit avec moi la moitié de l’album et écrira sans doute davantage sur le prochain. Il vient de mon coin, de l’Ohio. Il jouait dans les groupes locaux Spawn et 13 Faces. C’est le mec qui a commencé le groupe avec moi. Il y a Dennis Hayes à la basse, qui a déjà été avec moi dans Winters Bane et qui a joué un moment dans Seven Witches. C’est un mec du coin et c’est un super musicien. Dwane Bihary à la guitare rythmique qui vient du groupe Missing Skin. C’est aussi un mec de chez nous qui jouait souvent avec John. Puis enfin, Eric Elkins à la batterie. Il jouait dans un groupe local qui s’appelait Cryptkicker. C’est très local donc !

C’est le premier album où nous pouvons entendre tes compositions. Certaines sont elles assez anciennes ?

Ouais c’est une combinaison entre des titres récents et d’autres plus vieux. Au fil du temps, j’ai ressenti le besoin d’écrire certaines de ces chansons. Le style que je voulais. Les chansons que j’ai écrites de My Last Words à Save Me en passant par Coming At You ou bien encore The Faith , sont le reflet de ce que je voulais chanter à une époque bien précise.

Evidemment comme tu composes, je suppose que tu sais un peu jouer de guitare, peux tu me parler de ton niveau sur cet instrument ?

Je suis davantage orienté sur les rythmiques. Si je dois jouer un solo de guitare, ça sonnera davantage comme du blues. Mais je ne suis pas vraiment un guitariste. Ca me permet juste de matérialiser mes idées, mais quand j’ai des idées trop compliquées je fais appel à John Comprix pour le faire. Mais ça me permet globalement de pouvoir mettre mes idées premières sur CD et de pouvoir commencer à travailler dessus.

Cet album, bien qu’assez old school traditionnel, possède vraiment une direction agressive lorgnant vers le thrash. Etait ce prémédité ou tout simplement naturel ?

Plutôt naturel. J’ai juste voulu faire un album qui me plaise, que j’aurai envie d’écouter pas mal de fois. Un album agressif avec mes influences. A chaque fois que je l’écoute je me dis que c’est un album très naturel pour moi. C’est la même chose pour la pochette et pour le livret. Tout ce qu’il y a dans cet album est ce que j’aimerai avoir lorsque j’achète un CD. Quand j’écoute la musique, je peux voir un t-shirt en jeans de motard. La pochette est faite pour être porté sur des t-shirt ou sur des patchs. Quand je regarde l’intérieur du livret, les paroles, les chansons, c’est exactement ce que je voudrai et c’est donc tout simplement ce que j’ai fait.

Les paroles sont assez rageuses sur ce disque avec des chansons comme Human Race, Telling Lies ou bien encore Words Of Wisdom. Qui ou quoi te rend il en colère ?

Human Race parle juste de notre race : la race humaine. De notre façon d’être. Ai-je quelque chose à ma reprocher ? Non pas du tout. Les choses se passent juste ainsi. Notre monde et notre société sont responsables. Est-ce que j’en ai quelque chose à faire ? Non pas du tout car je fais tout ce que je peux et tu ne peux rien me reprocher. Telling Lies est une chanson avec un point de vue politique, mais pas nécessairement le mien. Cette chanson parle de se poser et d’allumer sa télé. Regarder les informations sur une chaîne puis les regarder sur une autre, et constater des points de vue totalement différents. Cette chanson a été écrite par John Comprix et j’ai commencé ensuite à écrire les paroles. Je pense que l’album possède les aléas de la vie de tous les jours et malheureusement lorsque tu allumes la télé où que tu lis le journal, si tu regardes CNN, il y a une bombe qui explose quelque part. Au moment où je viens de te dire ça, il y a peut être une bombe qui vient d’exploser dans un restaurant et des gens viennent de mourir. C’est ça que tu vois à la télé tous les jours. C’est notre société et cela s’en ressent dans certaines chansons. Mais je pense qu’il y a tout dans cet album. Il y a aussi des choses un peu plus stupides comme Scream Machine, une sorte de monstre metal. The Faith parle de moi, de ma foi dans le heavy metal. My Last Words parle d’un mec qui meurt dans un crash en avion et qui écrit une lettre à sa famille. Dreams Come True a des paroles touchantes. Il y a un peu de tout dans cet album. Ce sont des paroles auxquelles les gens pourront s’identifier. Elles n’ont pas été écrites comme un livre, elles sont très simples. Encore une fois, tout comme l’ensemble de cet album. C’est juste un album de heavy metal, tout simplement. Les paroles vont droit au but, tu peux les comprendre dès la seconde écoute, il n’y a pas 10 000 mots. Ces paroles sont simplement ce que j’avais besoin de vous dire, rien de plus.

Une fois de plus, tu chantes admirablement bien sur cet album. Mais depuis que l’on te connaît ton chant est plutôt parfait, ce qui a pour conséquence qu’il évolue assez peu au fil du temps. Quel est ton objectif lorsque tu rentres en studio au niveau du chant ?

Oui c’est vrai que je n’ai plus grand-chose à essayer. J’essaie juste de chanter les chansons de la meilleure manière possible. Sur Coming At You il y a des influences un peu bluesy sur le chant alors qu’un titre comme Human Race est très direct. J’essaie de varier mon chant le plus possible. C’est vraiment très dur d’être différent. Mais j’utilise pas mal de voix et de styles sur cet album. Il y a des trucs lents, doux, lourds, mélodiques. C’est album est rempli de ma voix et non pas de moi en train d’imiter quelqu’un d’autre. J’aime vraiment la versatilité en tant que chanteur, et j’ai essayé de garder cela tout en restant vrai, personnel.

Avec les notes extrêmement aigues que tu es capable de sortir, as-tu un échauffement particulier avant un concert ?

Non. Je bois beaucoup d’eau et je dors beaucoup. C’est une très bonne chose de dormir. Bien sur ça peut m’arriver de prendre du spray pour la gorge, mais le meilleur moyen de prendre soin de toi et de ta voix en tournée c’est de dormir !

Comment s’est passé l’enregistrement dans ce studio culte qu’est le Morrisound Studio ?

C’était super. C’était vraiment amusant. Jim (ndlr : Morris le producteur de l’album) est un mec super, un ami et il avait exactement le son que je voulais obtenir. Je voulais ce son cru avec une grosse production, et c’est ce que nous avons fait. Il nous a fallu 17/18 jours pour tout faire : l’enregistrement, le mixage et le mastering. C’est ce que je voulais faire. Nous montrer tel que nous sommes. Pas de nous asseoir et de mettre de côté telle ou telle partie. Jim est le mec parfait pour faire ça. Il a beaucoup de savoir, c’est un très bon guitariste, il connaît ses gammes, la théorie et l’harmonie. C’est amusant de travailler avec lui, il fait parti de la famille, c’est un mec cool et on a passé du bon temps.

Et de plus ça a valu le coup niveau timing…

Oh oui ! On aurait pu y passer plus de temps, mais nous avons fini avant. J’ai fait toutes mes voix en 3 jours et demie. On a bien bossé.

Beyond Fear va tourner avec Anthrax en avril. Peux tu me donner tes impressions ?

J’ai déjà tourné avec eux dans le passé, quand John Bush était dans le groupe. Je suis un gros fan de John Bush mais aussi un gros fan de Belladonna. Je pense que cette tournée est une combinaison parfaite. Ca va être amusant, Scott (ndlr : Ian) et les autres mecs sont super. J’ai vraiment hâte de commencer cette tournée et de montrer de quoi Beyond Fear est capable.

Et en tant qu’ancien chanteur de Judas Priest, quel est ton sentiment à propos de toutes ces réunions que nous voyons aujourd’hui ?

Oh tu sais, ça arrive c’est tout. Au bout du compte, c’est la musique qui paye nos factures. C’est notre job. C’est quelque chose qui m’est arrivé aussi, ils (ndlr : Judas Priest) avaient envie de rejouer ensemble. C’est la même chose pour Anthrax, je pense que c’était le bon timing pour se réunir. Mais à vrai dire dans leur situation, je ne suis même pas sur que Joey (ndlr : Belladonna) est totalement de retour dans le groupe. Je crois que je devrai demander ça à Scott. Mais ouais voilà, les réunions, ce sont juste de ces choses qui arrivent, le groupe se réunit et fait sa tournée, et toi tu surmontes ça c’est tout.

Je sais que tu aimes beaucoup jouer des reprises. Est-ce un petit plaisir que tu vas t’accorder avec Beyond Fear ?

Je pense que nous allons essayer d’assembler quelques trucs de Judas Priest et d’en faire un medley. Peut être même avec des titres d’Iced Earth.

Des morceaux de Judas Priest de ta période je suppose ?

Ouais, de ma période.

Cool, je suis un gros fan de "Jugulator", c'est un bon moyen de réentendre ces titres. Et je sais aussi que tu as eu un groupe de reprises où tu jouais du Pantera, du Godsmack et d’autres choses, compte tu faire ce genre de trucs avec Beyond Fear ?

Non car je n'aurai pas assez de temps. Si j’avais un temps de jeu suffisant, oui pourquoi pas.

D’ailleurs combien de temps t’est alloué pour la tournée avec Anthrax ?

Je ne sais pas encore, j’espère au moins 45 minutes.

Est-ce que Beyond Fear est un groupe permanant ou est ce juste quelque chose que tu fais pour patienter en vue du prochain Iced Earth ?

C’est un groupe permanant. Bien sur ce sera de côté quand je retournerai avec Iced Earth, mais Beyond Fear est un groupe très sérieux. Il y aura assurément un autre album.

Quoi de neuf chez Iced Earth ?

John (ndlr : Schaffer) est en train d’écrire en ce moment. Quand j’aurai fini d’être occupé avec Beyond Fear à la fin de l’été nous allons nous retrouver avec John pour finir le nouvel album d’Iced Earth.

As-tu pu écrire un peu sur ce nouvel album ?

La majorité de l’album va être écrite par John. C’est la trilogie « Something Wicked », je crois qu’il n’y a pas grand-chose que je puisse apporter. Mais bon on verra.

Peux tu me dire quelque chose sur le concert anniversaire de Roadrunner Records à New York en décembre dernier ?

Oh c’était vraiment un bon moment. Un bon concert. Monte Connor m’a appelé pour faire le concert et ça a été vraiment génial de s’asseoir avec tout ce monde et de chanter sur scène du King Diamond (ndlr : Curse of the Pharoahs et Abigail) et du Annihilator (ndlr : Alison Hell). C’était cool de pouvoir traîner avec tous ces groupes.

Concernant Judas Priest quelle est la meilleure chose que tu retiendras de ton passage dans le groupe ?

Etre nominé aux Grammy aux Etats-Unis pour Bullet Trains a été quelque chose de vraiment super. Les tournées et être ami avec eux. L’amitié. C’était quelque chose d’énorme d’avoir été ami avec eux, j’ai tellement de bons moments, mais je suis encore ami avec eux. Je n’ai que des bons souvenirs en fait.

Pour revenir sur Beyond Fear, des projets pour les festivals d’été ?

Nous jouons au Rock Hard Festival. J’espère que nous en ferons plus. On va voir ce que le management va faire pour nous. Mais j’espère que l’on jouera aussi dans d’autres festivals.

Merci à Tim Owens pour avoir assuré l'interview malgré sa fatigue intense (il se sera même endormi au milieu de l'interview) et merci à Roger de Replica Records.