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CAVALERA CONSPIRACY

Entretien avec Max Cavalera (chant, guitare) et Igor Cavalera (batterie)

11/01/08 - Holiday Inn République - Paris

Depuis que Max Cavalera a quitté Sepultura début 97, nombreux sont ceux qui espéraient voir le chanteur/guitariste rejouer avec son frère Igor. En 2006, c’est finalement Igor qui quitte Sepultura à son tour et très vite les 2 frangins enterrent la hache de guerre et renouent le contact. On pouvait alors prévoir l’arrivée d’un futur projet musical, en l’occurrence Cavalera Conspiracy dont l’album « Inflikted » sort le 25 mars. Pour le coup les Cavalera s’entourent de Marc Rizzo (Soulfly) à la guitare et de notre Joe Duplantier (Gojira) national à la basse. Max et Igor étaient de passage à Paris mi-janvier pour filmer le clip de Sanctuary, et en ont profité pour parler de leur retrouvaille musicale.

Pourquoi avoir changé le nom du groupe d’Inflikted à Cavalera Conspiracy ?

Max : Tout simplement parce qu’il y a déjà un label et un groupe de rap qui s’appellent Inflikted. Cela allait nous poser des problèmes de droits. Cavalera Conspiracy est le second nom qui m’est venu à l’esprit. Je l’ai suggéré à Igor et il a apprécié. C’est un nom assez cool mais Igor a tenu à ce que l’on nomme l’album Inflikted pour garder une connexion avec ce nom que nous aimons aussi. Cavalera Conspiracy est un nom de groupe idéal car cela ne renvoi à aucun style de musique en particulier. Le nom ne te renvoi pas à du metal, du punk ou du hardcore. C’est un nom ouvert.

Quelle a été ton approche pour les paroles de cet album ?

Max : Certaines paroles ont été inspirées par des films. J’ai essayé de faire quelque chose de différent de Soulfly ou Nailbomb. Il y a un titre qui se base sur « Clockwork Orange » (ndlr : Orange Mécanique en français), et un autre sur « Apocalypse Now », ou plutôt sur le documentaire de ce film qui s’intitule « Hearts Of Darkness ». Il y a donc un titre qui porte le même nom dans l’album. Pour le reste, il y a un titre comme Must Kill qui rappelle des choses plus classiques que j’ai pu faire dans le passé avec Straighthate par exemple. Il y a le titre Terrorize qui est un hommage au groupe Terrorizer que j’adore. Les autres paroles sont davantage ouvertes à l’interprétation. Je ne suis même pas sur de connaître leur sens (rires). Elles sonnent bien et collent bien aux morceaux. Il y a plus de diversité et plus d’ouverture cette fois, contrairement aux paroles très directes que j’ai l’habitude d’écrire.

Pourquoi avoir porté votre choix sur Joe Duplantier de Gojira pour tenir la basse ?

Max : A vrai dire ce n’est pas moi qui l’ai choisi (rires) ! C’est Gloria (ndlr : femme et manageur de Max Cavalera). Je pense que c’est un bon choix de sa part. Au départ c’est le bassiste de Gojira que nous voulions, mais Joe, qui est guitariste à la base, voulait tellement obtenir le poste qu’il est venu à la place de son bassiste (rires) ! C’est un gros fan. Je ne sais pas comment le bassiste de Gojira se sent à propos de ça (rires). Mais je suis sur que tout va bien, ils sont amis. Joe est un mec cool et il s’est toujours assuré du bon fonctionnement des choses. Vu qu’il est français, Il ajoute également une saveur plus internationale au groupe. Nous ne voulions pas faire un groupe 100% brésilien ou 100% américain. Nous avons déjà fait ça avant.

Igor : Exactement. Ca ajoute une certaine atmosphère à l’album. Ca donne un aspect plus global que local à la chose. C’est plus intéressant. Lorsque Max m’a dit que nous allions avoir un français avec nous, j’ai trouvé ça vraiment excitant car nous nous sommes toujours battus pour faire tomber les barrières en musique. Je pense par ailleurs qu’il y a énormément de bonne musique qui vient de France aujourd’hui. Ca inclut bien sur Gojira mais aussi plein d’autres styles de musique. Je pense que la France connaît en ce moment une bonne période musicale.

Max : Nous ne le connaissions pas du tout avant. Il y avait un risque. Mais dès que nous avons jammé avec lui, nous savions que ça allait fonctionner. De plus nous ne voulions pas faire un « mega groupe ». Il ne fallait pas que cela soit le Real Madrid du metal (rires). Il fallait que ce projet se concentre sur nos retrouvailles avec Igor en compagnie de 2 mecs qui sont des gros fans de notre carrière. L’album favori de Marc Rizzo est « Arise ». Joe est également un gros fan, il m’a parlé de la première fois qu’il a vu Sepultura en France. C’était son premier concert. C’est plutôt cool de travailler avec des mecs qui te respectent, qui sont fans et qui sont également capables de faire des choses qui te rendent fier. C’était une bonne chose.

Pourquoi avoir choisi Logan Mader à la production ?

Max : Logan coproduit l’album avec moi mais il a surtout eu un rôle à jouer sur l’enregistrement. J’avais déjà bossé sur un titre avec lui (La reprise de Beautiful People de Marylin Manson par Soulfly) et je l’avais trouvé vraiment bon. De plus j’en avais marre de toujours faire mes albums à Phoenix et j’avais besoin d’aller voir ailleurs. C’était cool à Los Angeles, même si ça ressemblait plus à Mexico qu’à Los Angeles à vrai dire !

Igor : Ouais c’était super. C’est comme ça dans certaines parties du sud de la Californie. Il y a beaucoup de mexicains autour de toi. Tu as vraiment l’impression d’être au Méxique. Personnellement j’ai adoré ça car l’enregistrement de cet album a été tellement facile. La seule chose comparable que j’ai connue est lorsque nous avons fait Nailbomb. Il y avait une atmosphère très relax. Max a bien fait de choisir Logan car il a tout de suite compris ce que nous voulions. Il a vraiment réussi à saisir et capturer l’énergie qu’il y avait en studio. Bien plus que ce que certains gros producteurs auraient fait.

Est-ce que Cavalera Conspiracy est un vrai groupe ou seulement un projet temporaire comme Nailbomb a pu l’être ?

Max : C’est différent de Nailbomb et de Soulfly. C’est quelque chose de spécial. C’est un peu entre les 2. Nailbomb était un projet génial et j’aurai vraiment aimé jouer davantage de concerts car le potentiel de l’album était vraiment fort. Nous aurions pu tourner, mais ce projet n’était pas fait pour ça. Le potentiel de Cavalera Conspiracy est également très fort et je souhaite donc partir en tournée (ndlr : le groupe a été confirmé un peu partout en juin depuis la date de l’interview). Ce projet est assez unique. Nous allons tourner, bien plus qu’avec Nailbomb, mais nous ne laisserons pas ce groupe devenir notre priorité pour autant. Nous allons continuer nos propres projets. Igor fait son truc (ndlr : le projet electro Mixhell) et moi j’ai Soulfly.

Igor : Oui il y a une bonne atmosphère autour de ce disque. Nous pouvons continuer nos projets respectifs et nous concentrer en même temps sur Cavalera Conspiracy sans que qui que ce soit ne se sente piégé. C’est une situation libre mais en même temps il s’agit de bien plus qu’un simple side-project. Nous avons mis beaucoup de passion dans ce disque. C’est très différent de tout ce que nous avons fait.

Max : Nous avons tous nos propres trucs et ce projet est vraiment spécial. J’ai vraiment adoré enregistrer cet album et je pense que ça a été le cas de tout le monde. Je sais que la tournée sera géniale. Quand cette dernière sera terminée, nous reviendrons tous à nos projets respectifs et nous pourrons ensuite nous réunir pour faire le second album de Cavalera Conspiracy qui sera encore plus fort et plus fun car nous ne serons pas fatigués de ce groupe. Nous n’allons pas tourner jusqu’au point de ne plus avoir envie de jouer dans ce groupe (rires).

Avez-vous incorporé des influences brésiliennes ?

Max : Elles sont là mais elles sont cachées. C’est la première fois que l’influence brésilienne n’est pas évidente. Mais tu retrouves un côté très brésilien dans la rage du disque. Comme Igor me disait, c’est un peu pareil avec le film « City Of God ». Tu peux sentir cette colère brésilienne dedans. Je pense que c’est bien d’avoir dissimulé cet élément cette fois ci, car nous l’avons déjà exploité dans Sepultura ou Soulfly. Mais il y a assurément une touche brésilienne dans ce disque.

Igor : Oui tu peux toujours le sentir dans le groove.

Nous évoquions Nailbomb, une chance de revoir ce groupe un jour ?

Max : Naimbomb est complètement mort. Même le vaudou ne pourrait pas le ressusciter (rires). Je connais bien Alex Newport et lorsqu’il dit que quelque chose est terminé, c’est terminé ! En même temps je suis fier car nous sommes restés fidèles à l’idée originale du projet. Contrairement à tous les autres qui finissent toujours par revenir, Nailbomb ne reviendra jamais. Cela dit j’aimerai refaire quelque chose avec Nailbomb mais Alex ne voudra jamais (rires).

Igor : De toute façon nous pouvons toujours jouer des titres de Nailbomb en concert.

Max : A vrai dire nous en parlions avec Igor. Nous allons faire des trucs dingues. Nous allons jouer quelques vieilles reprises. Mon jeune fils nous a suggéré de jouer Necromancer qui est extrait de notre tout premier EP (ndlr : « Bestial Devastation »). Nous allons jouer du Nailbomb, nous allons peut être reprendre du Led Zeppelin. Nous pourrions très bien jouer un titre hardcore comme Nevertrust puis placer dans la foulée Four Sticks de Led Zeppelin ! Ca serait délirant !

Max, tu as écrit cet album en même temps que le prochain Soulfly. Etait ce confus parfois ?

Max : Non, c’était excitant à vrai dire. Ca m’a rappelé lorsque j’ai écrit l’album de Nailbomb et « Chaos A.D » au même moment. Les 2 disques sont vraiment différents. Ils sont uniques et chacun est cool à sa propre manière. Mais j’ai mis de côté l’album de Soulfly pour un moment. Ca attendra car je voulais vraiment me concentrer sur Cavalera Conspiracy. Puis je reprendrai ensuite l’album de Soulfly. Les 2 groupes ont un impact mutuel. Ils s’influencent l’un et l’autre, ce qui est plutôt une bonne chose.

Joe chante sur Black Ark et Ultra Violent. Comment est ce arrivé ?

Max : Tu veux la version cool ou la version réelle (rires) ? La version cool est : ouais c’était énorme, tout le monde peut chanter dans ce groupe ! Mais en réalité, Joe chante sur l’album car je commençais à être fatigué, je ne voulais pas tout faire et je ne voulais pas trop me répéter. Il est chanteur dans Gojira, je lui ai donc proposé de chanter quelques trucs dans Cavalera Conspiracy. Mais il ne se sentait pas vraiment à son aise pour faire le chant dans ce studio. Je lui ai donc conseillé de revenir en France et de faire ça chez lui. Je ne voulais pas qu’il enregistre ses vocalises avec de la pression ou du stress. Le chant est quelque chose de plus personnel que n’importe quel autre instrument et j’aime bien en général enregistrer mes parties tout seul. Il a suivi mon conseil, il a été enregistré ses parties en France et il m’a envoyé ensuite les pistes. C’était la meilleure chose à faire.

Et comment Rex Brown (Down, ex-Pantera) est arrivé sur l’album ?

Max : C’est un vieil ami, cela remonte à cette tournée dingue entre Pantera et Sepultura. Je l’ai appelé à Los Angeles pour lui dire que je bossais sur un nouvel album avec mon frère. Il venait de finir l’album de Down et il s’est tout simplement pointé au studio. Il a fait du bon boulot et nous avons passé pas mal de temps à papoter. Il nous a raconté quelques anecdotes marrantes comme une fois où Phil Anselmo était ivre mort dans l’avion et faisait flipper tous les autres passagers de la première classe (rires) ! Nous avons toujours aimé collaborer avec d’autres musiciens. On fait ça avec Igor depuis toujours. Avant même que cela devienne une mode dans le hip hop par exemple. Nous avions déjà des invités au tout début de notre carrière lorsque nous faisions du death metal. Ca doit être un truc de brésiliens (rires). Je ne te connais pas et tu ne me connais pas, mais il n’y a pas de problème on peut trainer ensemble (rires). Mais ouais, c’était super d’avoir Rex avec nous. Il joue sur le titre Ultra-Violent dont le sujet est le film « Clockwork Orange ». Il y a également Richie qui chante sur l’album mais c’est un cas particulier car il fait partie de ma famille. Je lui ai proposé de la faire et c’est cool, mais il veut vraiment se débrouiller tout seul et « souffrir » avec son propre groupe (rires). Il veut faire comme nous et il a raison. Si tout lui tombe tout seul dans le bec, il ne comprendra jamais la valeur d’être dans un groupe. Pour beaucoup de groupes américains, c’est assez punk de partir en tournée dans un van, alors que pour nous c’était vraiment un luxe ! J’aurai aimé avoir un van lorsque nous tournions au Brésil au lieu de voyager dans des bus normaux, remplis de gens et de poulet, pendant 48h00 à boire du whisky chaud (rires) ! Ca c’était punk-rock (rires) !

Vous avez tourné un clip à Paris il y a quelques jours. Pourquoi avoir choisi cette ville ?

Max : C’est Igor qui a choisi. J’aimerai que ce soit lui qui en parle, car il est plus concerné par l’aspect visuel de Cavalera Conspiracy.

Igor : Nous avons beaucoup parlé avec Max de la façon dont nous allions présenter l’artwork de Cavalera Conspiracy. J’ai des amis ici à Paris qui font parti d’un collectif qui s’appelle Surface To Air. Ils font des clips et beaucoup d’autres choses et ce sont vraiment de très bons amis. Ce sont d’énormes fans de Sepultura et plus généralement de tout ce que l’on a pu faire avec Max. Ils m’ont demandé si je serai d’accord de collaborer avec eux pour cet album. Ils viennent d’un univers très différent mais ils ont très bien compris la démarche du groupe. Nous avons filmé le clip ici à Paris pendant 2 jours et nous avons travaillé en même temps sur l’artwork. Ce sera donc un concept visuel unique. Il y aura une connexion entre le clip et l’artwork. Les gens vont être surpris car cela ressemble davantage à un film plutôt qu’à un clip musical traditionnel. Jusque là, tout ce qu’on a pu voir du clip est incroyable. Nous avons hâte de voir le produit fini.

Max : Ce clip est très différent de tout ce que j’ai pu faire jusque là. J’ai vraiment adoré. C’était un peu fou de faire la pochette en même temps que le clip, mais j’ai trouvé ça mortel. L’album à peine terminé aux Etats-Unis, c’est comme si l’opération se déplaçait en France (rires). Nous écrivons le dernier chapitre de l’album ici. Je n’ai jamais fonctionné de cette façon mais c’est vraiment cool.

Igor : Ce n’était pas prévu.

Max : Non, il n’y avait aucun plan. C’était spontané. Nous avons rencontré l’équipe et ils ont été très pro. Il y avait tout ce matos de cinéma et ce grand endroit pour filmer le clip. C’était cool. Il y avait une grosse production mais aussi un esprit très punk. J’ai demandé à un moment au réalisateur si je devais mettre un t-shirt en particulier pour le clip, il m’a répondu : « non, reste comme tu es. Je suis juste là pour te filmer tel que tu es ». J’ai apprécié car peu de réalisateurs te laissent faire ça. Ils veulent toujours changer tes fringues.

Igor : Ce collectif est vraiment bon. Ils font des clips, des visuels etc.

Max : Là où ça va se compliquer c’est lorsque l’on devra mettre 40 personnes sur notre guestlist (rires). Tout le collectif est fan, de l’ingénieur du son, à la maquilleuse. Ils vont tous vouloir venir. Le concert parisien sera encore plus chaotique que prévu (rires).

C’est votre premier album ensemble depuis 1996. Avez-vous remarquez une différence dans le jeu de chacun ou est ce que vous avez retrouvé cette bonne vieille symbiose entre vous 2 ?

Max : Je ne suis pas très bon pour les comparaisons ou pour la notion du temps. L’année dernière je me suis même demandé quel âge j’avais. Je pensais déjà avoir atteint mes 40 ans alors qu’en réalité je n’en avais que 38. Je perds le fil car le temps passe si vite. Ces 10 années sont passées en un éclair. Par ailleurs, je n’ai pas voulu me monter la tête avec des statistiques autour de l’album qui aurait pu me perturber. Je ne voulais pas être pétrifié en studio à l’idée de faire notre premier album ensemble depuis 1996.

Mais concernant le jeu de chacun ?

Max : La musique c’est comme le vélo. Tu n’oublie jamais comment en faire. On se comprenait au moindre regard avec Igor. Le seul problème est que nous étions trop rapides pour les 2 autres. Marc et Joe ont du essayer de nous suivre avec Igor et cela n’a pas été faciles pour eux (rires).

Igor : Mais c’était amusant car ils ont du apprendre notre méthode de travail. On ne parle pas beaucoup avec Max lorsque nous composons un titre. On se regarde dans les yeux et nous savons si c’est bon ou pas. Ils ont du courir après nous d'une certaine manière. Mais je vois très bien où tu veux en venir avec ta question et effectivement nous avons tous les 2 évolué car nous n’avons pas arrêté la musique après 1996. Tout cela est naturel. Nous n’avons jamais voulu regarder en arrière avec Max. Nous n’avons jamais essayé de capitaliser sur notre passé en faisant toujours la même chose. Nous avons évidemment changé mais c’est vraiment bien. Nous avons plus de tours dans notre sac. Au début j’étais un peu sceptique sur ma capacité à jouer des titres rapides, car cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps. J’espérais ne pas être trop rouillé. Mais dès que nous avons jammé en studio, j’ai eu l’impression d’avoir 14 ans. Que du fun, aucune pression. Je n’étais même pas nerveux contrairement à la fois où nous avons joué ensemble au D-Low memorial show en 2006 (ndlr : premier concert où Max et Igor ont rejoué ensemble depuis le split de Sepultura). Je n’arrivais même pas à tenir mes baguettes. Il y avait trop d’émotions. Mais dans le studio cela ressemblait plus à l’atmosphère qu’il y avait lorsque nous étions des gamins en train de jammer.

Max : Ouais nous jouions vraiment très vite. Les 2 autres étaient obligés de s’arrêter et moi je ne voulais pas. J’ai besoin de la batterie pour jouer aussi vite et je ne pouvais pas arrêter le train en marche (rires). L’enregistrement de cet album est celui que j’ai préféré depuis longtemps. Toutes ces conneries qui n’ont rien à voir avec un album n’étaient pas au rendez vous. Malheureusement, tu apprends ce genre de choses trop tardivement. Dans le passé il y avait toujours tout un tas de trucs stupides qui venaient polluer l’album. Cette fois ci nous nous sommes uniquement concentrés sur l’enregistrement et c’était super. À partir de maintenant, j’enregistrerai toujours de cette façon.

Igor : Max est en train de parler de quelque chose de spécial. Lorsque tu es en studio, tu ne veux pas entendre les gens se plaindre de leur chambre d’hôtel ou de ce genre de choses. Mais ça finit toujours par arriver. Ces éléments extérieurs gâchent l’ambiance d’un album. Cela affecte l’humeur de tout le monde en studio. Mais cette fois, tout le monde voulait tout simplement jouer, sans se préoccuper du reste.

Max : En tant qu’artiste et musicien, tu te dois de comprendre que les histoires d’hôtel sont bien moins importantes que ce que tu es en train de réaliser. Tout cela n’a aucune importance. Une fois que tu dépasses ça, tu peux faire un bon album. Nous n’avons même pas eu à le mentionner aux autres. Du coup je ne voulais surtout pas mettre ça sur le tapis (rires).