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KING'S X

Entretien avec Doug Pinnick (chant, basse) et Ty Tabor (guitare, chant)

10/04/08 & 24/04/08 - Par téléphone

Eternellement malchanceux, King’s X ne se laisse pas pour autant démonter par un succès qui le fuit sans cesse. Au contraire, le trio revient même plus en forme que jamais avec un XV particulièrement bon ! Nous avons donc passé 2 coups de fil séparés à Doug Pinnick et à Ty Tabor, pour un entretien monté par soucis de lisibilité.

Pourquoi avoir intitulé ce nouveau disque XV, sachant qu’il s’agit du 12 ème ?

Ty Tabor : Il s’agit bien de notre 15 ème album. Tout le monde oublie l’opus éponyme de Sneak Preview, sorti en 1983, qui est le premier disque que nous ayons fait ensemble. Personne ne compte le best-of qui est pourtant tout à fait officiel et qui bénéficie de titres bonus et il y a bien sur Live All Over The Place (2004). Cela fait donc 15 sorties officielles.

Pourquoi avoir abandonné le nom initial Go Tell Somebody ?

Doug Pinnick : En fait nous avons écouté l’intégralité du disque une fois que nous l’avons fini, et « Go Tell Somebody » ne reflétait plus vraiment l’album à lui seul. Nous avions opté pour Go Tell Somebody au départ car c’est un des premiers titres qui a été écrit et nous en étions très fiers. Mais finalement nous avons trouvé que ce serait une mauvaise idée d’appeler le cd ainsi.

C’est votre deuxième album de suite en compagnie du producteur Michael Wagener. Pensez vous avoir trouvé le producteur idéal pour King’s X ?

Michael a fait du super travail mais nous nous réservons le droit de bosser avec quelqu’un d’autre. Il en va de même pour lui d’ailleurs. Il pourrait très bien ne pas avoir envie de travailler avec nous la prochaine fois.

Ty Tabor : On s’entend vraiment bien avec lui. C’est d’ailleurs vraiment dur de ne pas s’entendre avec Michael (rires). Il est cool, drôle et il comprend tout. Il amène une atmosphère agréable dans l’enregistrement avec sa personnalité et aussi car tu peux lui faire confiance et lui laisser le contrôle des opérations.

Ogre Tones (2005) était assez light tandis que XV est nettement plus énergique. Une raison particulière ?

Il est clair que nous avons voulu rendre XV plus heavy que Ogre Tones. C’est donc normal qu’il soit perçu ainsi. Cela dit nous n’étions pas sur d’obtenir ce résultat pendant l’élaboration de XV car il y a également pas mal de titres soft. Mais certains titres sont bien plus rentre dedans que tout ce que nous avons pu faire sur Ogre Tones. L’album est vraiment varié car nous avons voulu nous laisser beaucoup de liberté et ne pas nous restreindre à telle ou telle direction. La seule règle était : si nous aimons, nous gardons, sinon nous jetons ! Rien d’autre. Cela faisait longtemps que je voulais revenir à des trucs plus rock comme sur Dogman (1994) mais je voulais également continuer à expérimenter certaines choses.

XV montre également une grosse diversité. Toutes les influences de King’s X sont abordées que ce soit le funk, la soul, le metal, le hard rock ou la pop…

Doug Pinnick : Rien n’était prémédité. Mais nous avons écrits ces titres pendant une longue année et du coup c’est difficile de décider du résultat à obtenir. C’est sans doute pourquoi l’album est aussi varié.

Ty chante plus que d’habitude sur XV. Etait-ce pour trouver un meilleur équilibre entre vos 2 voix ?

Il y a effectivement un bien meilleur équilibre au niveau des voix. Ty chante beaucoup plus tout simplement car il a écrit plus de chansons cette fois. Nous fonctionnons toujours de la façon suivante dans King’s X : celui qui écrit une chanson, la chante également. Les chansons chantées par Ty sont écrites par lui et c’est la même chose pour moi ou Jerry Gaskill.

Ty Tabor : Ca dépend des albums en fait. Il y en a certain où je chante plus que sur celui là à vrai dire. Mais il y aussi quelques disques très populaires où je ne chante pratiquement pas comme Dogman. Cependant je pense chanter toujours à peu près 3 ou 4 chansons plus les titres où nous chanter à 2 avec Doug. J’ai l’impression que mon chant a eu la même importance que d’habitude personnellement (rires).

Doug, tes paroles semblent nettement plus positives cette fois. On dirait que tu veux enfin aller de l’avant. As-tu tourné la page sur tes difficultés à t’accepter ?

Doug Pinnick : Plus je vieillis et plus j’apprends à surmonter tout ce que je n’aime pas chez moi. Tout ce que je trouve négatif. J’arrive enfin à m’accepter tel que je suis et je préfère parler aujourd’hui de ce que je vois dans les news et de ce qui se passe dans le monde en général.

Au contraire les chansons de Ty sont assez tristes et mélancoliques. As-tu traversé une dure période ?

Ty Tabor : Nous avons vécu une mauvaise passe il y a quelques années qui a sans doute été reflété sur Ogre Tones. Pour cet album nous avons essayé de nous inspirer uniquement du moment présent. Et j’ai effectivement connu quelques difficultés…

Doug Pinnick : Ty écrit des chansons mélancoliques depuis 4 ou 5 ans. C’est son style actuel. Il a divorcé de sa femme pendant qu’on élaborait XV et avec le manque de succès que nous rencontrons c’est toujours difficile de vivre de la musique. Nous devons donc faire un maximum d’autres projets pour joindre les 2 bouts. Ca me chagrine aussi par moment mais ce nouvel album m’apporte à nouveau plein d’espoir !

Ce disque est séparé en 2 faces, à la manière d’un vinyle. Y a-t-il un concept caché derrière ça ?

Ty Tabor : Oui, car nous voyons ce disque comme un vinyle. Il sortira d’ailleurs sur ce format. Nous avons voulu organiser le cd à la manière d’un vinyle avec une face A, une face B et 2 titres bonus. C’est pour revenir en quelque sorte dans le passé à une époque où les albums avaient un commencent et une fin à chaque face. C’est un peu l’idée.

Doug, tu chantes dans le titre « Go Tell Somebody » : « if you like what you hear, go tell somebody » (si tu aimes ce que tu entends, vas le dire à quelqu’un). Essayez vous encore de courir après ce succès que vous fait cruellement défaut ?

Doug Pinnick : Oui j’espère ! Lorsque j’ai écrit ces paroles je me suis dit que ça allait inciter de façon subliminale les fans à parler de King’s X autour d’eux (rires). Je répète tellement de fois cette phrase dans le morceau que ça finira par marcher (rires).

Comment expliquerais-tu ce manque de succès ?

Je pense que la musique de King’s X ne peut pas s’adresser à tout le monde. Notre ancien manageur disait que nous sommes comme du bon vin. Tout le monde ne peut pas apprécier le bon vin, mais ceux qui l’apprécient, adorent vraiment ça ! Si nous pouvions expliquer notre manque de succès, nous en aurions surement plus (rires) !

Y a-t-il un lien entre « Julia » et « Julie » ?

Non. « Julia » est un personnage fictif tandis que « Julie » est la copine de Jerry Gaskill.

Vous avez sorti l’année dernière un live de l’époque Dogman (1994) qui s’intitule Live & Live Some More sur Molken Records. Avez-vous d’autres choses qui trainent dans votre grenier ?

Nous avons par exemple un live de l’époque Grethcen Goes To Nebraska (1989) enregistré à Londres. C’est un bootleg vidéo dont nous avons gardé l’image à laquelle nous avons rajouté l’audio d’une source provenant de la table.

Ty Tabor : Tout ceci est disponible sur Molken Music (molkenmusic.com). C’est un label qui a été crée par notre pote Wally Farkas de Galactic Cowboys. C’est son bébé et c’est une idée mortelle. Le but est juste de distribuer des disques spéciaux de tout un tas de différentes formations.

Quand allez-vous revenir en Europe ?

Nous en avons vraiment envie, cela fait trop longtemps. Le public est tellement différent en Europe. Il y a beaucoup plus d’excitation. C’est quelque chose d’unique.

Doug Pinnick : Il n’y a aucune certitude. En ce qui concerne la France ? Je n’en sais vraiment rien non plus ! Il faut que quelqu’un nous fasse jouer ici ! Nous n’avons jamais donné de concerts en France à part la première partie d’AC/DC il y a longtemps. Nous avions eu une si bonne réaction du public mais à chaque fois que nous avons voulu revenir, les promoteurs français n’étaient jamais intéressés. Ils s’en foutent de nous !

Bruce Franklin de Trouble m’a déjà confié vouloir refaire quelque chose avec Supershine. Est-ce aussi ton cas ?

Moi aussi je veux refaire quelque chose avec Supershine mais cela dépend de notre temps libre et de trouver l’argent pour le faire.

Tu as remplacé Corey Glover dans Living Colour le temps d’une tournée en 2006. Comment était ce ?

C’était génial ! Je me suis bien amusé. C’est super de se consacrer uniquement au chant sans avoir à jouer la basse en même temps. Ca te laisse une telle liberté !

Tu collabores toujours avec tout un tas de gens. Quels sont tes futurs projets annexes à King’s X ?

J’ai écrit un titre en compagnie de Mick Mars de Motley Crue et j’espère que quelqu’un de connu va vouloir l’enregistrer sur un de ces disques. Il se peut que Kerry Claxton en fasse quelque chose. Ca serait bien car ça nous ferait gagner pas mal d’argent ! Sinon je chante sur le nouveau cd de Billy Sheenan qui sera bientôt disponible dans les bacs. Egalement sur le nouvel album solo de Steve Stevens (Billy Idol) intitulé Memory Crash. Encore quelque chose de merveilleux, j’ai joué avec Sly & The Family Stone il y a 15 jours. J’ai posé des parties de basse sur 3 titres en studio.

Ty peux-tu me parler de ton nouveau projet Xenuphobe ?

Ty Tabor : C’est quelque chose que je fais en compagnie de Wally, le fondateur de Molken Music. Nous aimons tous les 2 les formes de musique ambiantes et expérimentales. Tout ce qui est impossible à enfermer dans une boite. Les musiques sans structures, qui se basent uniquement sur des sons mais qui ont un but émotionnel. Nous avons fait ça pour nous même mais la réaction a été tellement bonne dans le milieu de la musique ambiante que nous avons décidé de faire un second opus intitulé 2.0 Electrolux. Il est vraiment expérimental tout en utilisant des sons de guitare énormes. C’est un cd trippant mais qui possède également un gros côté heavy. L’idée étant de faire un voyage auditif à la manière d’un film. Si tu écoutes cet album en intégralité en étant attentif, cela aura un effet sur tes émotions à cause de tous ces sons étranges et des endroits où ils t’emmènent. Je trouve ce disque très intéressant. Il est à la fois puissant, étrange et magnifique.

King’s célèbre cette année ses 20 ans de carrière. Quelque chose de spécial de prévu ?

Doug Pinnick : Non pas encore mais je pense que l’on finira par faire quelque chose. Nous n’en avons tout simplement pas encore parlé entre nous. On oublie déjà toujours nos propres anniversaires (rires).

20 ans de King’s X par Doug Pinnick :

Out Of The Silent Planet (1988) : Un disque très spécial pour moi mais aussi pour beaucoup d’autres musiciens car nous avons été les premiers à utiliser l’accordage en drop-D. Cela a influencé quasiment tous les musiciens du globe car ils se sont mis à essayer cet accordage par la suite. Je suis très fier d’avoir été à l’origine d’un changement dans le monde de la musique.

Gretchen Goes To Nebraska (1989) : Il est souvent considéré comme notre meilleur album. A mon avis car nous avons utilisés une combinaison équilibrée de nouveaux titres et d’autres plus anciens. Ca a marché à merveille. J’avais écrit « Over My Head » 5 ans avant par exemple. Nous avons travaillé très dur afin de parvenir à un disque sur lequel tu peux toujours trouver de nouveaux éléments à chaque écoute. J’espère que c’est encore le cas aujourd’hui !

Faith Hope Love (1990) : Nous arrivions à un point où le groupe commençait à grandir et à devenir plus populaire. Du coup ce disque possède une bien plus grosse production. Le single « It’s Love » a été un tube à l’époque et c’était cool d’être diffusé non stop sur MTV.

King’s X (1992) : Il s’inscrit dans une parfaite continuation de ce que nous faisions. Les 4 premiers albums sont assez similaires pour moi.

Dogman (1994) : Tout a changé à partir de là ! Notre manageur nous a quittés et nous avons traversé quelques crises personnelles. Nous étions en colère et nous voulions reprendre le contrôle de notre vie. C’est pourquoi Dogman est un album sombre, rageur et rentre dedans. C’est une conséquence de ce que nous traversions à ce moment là.

Ear Candy (1996) : Une surprise pour tout le monde car Ear Candy est totalement différent de Dogman. Nous n’avions même pas réalisé à quel point notre son changeait. J’ai commencé à écrire des chansons plus simples, que tout le monde pouvait assimiler car il me semblait que King’s X était une formation incomprise.

Tape Head (1998) : Le premier opus que nous avons écrit en nous réunissant tous ensemble sans faire de démo et sans aucune influence extérieure. Il reflète bien comment King’s X sonne lorsque nous travaillons seuls.

Please Come Home... Mr. Bulbous (2000) : Nous étions déprimés et nous pensions que la fin de notre carrier arrivait. Nous ne savions plus quoi faire. Du coup, nous avons voulu faire quelque chose d’inhabituel. Nous nous foutions de tout, nous voulions juste faire un album original et qui nous plait. C’est un disque très bon et intéressant mais beaucoup de fans ne l’aiment pas. Personnellement j’en suis très fier.

Manic Moonlight (2001) : Nous étions encore paumés. Nous avons alors essayé d’expérimenter de nouveaux sons en ajoutant des samples et ce genre de trucs. Nous avons échoué (rires) ! Le résultat n’est pas top mais c’était un essai.

Black Like Sunday (2003) : Nous avons décidé de le sortir car certains vieux fans connaissaient les titres que nous avions au tout début des années 80, longtemps avant d’être signés. Il y a toujours eu cette demande pour mettre ces vieux titres sur cd. Nous avons fini par le faire mais ce n’est pas un de nos meilleurs disques. Nous avons fait ça uniquement pour les fans et c’est aussi un bon moyen de montrer comment nous sonnions au tout début du groupe.

Ogre Tones (2005) : Un disque qui nous a remis sur les rails ! Nous avons trouvé un bon producteur et nous avons écrit de très bonnes chansons. On se sentait bien dans nos pompes et nous avons regagné le respect des autres. Une très bonne expérience pour nous.