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KILLSWITCH ENGAGE

Entretien avec Adam Dutkiewicz (guitare, choeurs)

20/09/06 - Hotel Villa Royale - Paris

 

Killswitch Engage revient en cet automne 2006 avec un nouvel album intitulé "As Daylight Dies". Afin de parler de ce nouvel opus, le guitariste à rouflaquettes et maitre à penser du groupe, Adam Dutkiewicz est venu nous rendre visite à Paris en amenant dans ses bagages son humour décapant et sa décontraction.

Salut Adam ! Tout d’abord ce nouvel album « As Daylight Dies » porte une nouvelle fois un nom pseudo poétique et dramatique. C’est devenu un gimmick ou quoi ?

Un gimmick ? Whoa ! En fait nous essayons de faire de la musique en parlant parfois un peu d’actualité mais en même temps nous sommes aussi des gens simples et décontractés. Nous mélangeons le sérieux et l’amusement, sans aucun doute. Mais en fait notre musique est davantage faite pour être interprétée de la façon que tu le souhaites plutôt que d’en saisir le sens précis des paroles. Ou sinon si tu veux juste t’éclater dessus et avoir un bon moment. Les 2 cas nous conviennent, cela n’a aucune importance.

Tu es une nouvelle fois le producteur de cet album, et je pense sincèrement que tu es bon en la matière. Mais aimerais tu à l’avenir pouvoir travailler avec quelqu’un d’autre, histoire d’avoir un œil extérieur sur le groupe ?

Ouais, c’est toujours une possibilité. Une des raisons pour laquelle nous aimons que je sois chargé de la production est que cela confère à l’album un côté fait maison en quelque sorte. Mike D a encore réalisé la pochette d’ailleurs. La vision de l’album est réellement conforme à la vision du groupe. Ce n’est pas celle de quelqu’un qui travaille dans l’industrie musicale et qui pourrait changer quelques trucs ici et là et nous faire sonner comme quelque chose d’autre. C’est un peu comme une marque d’identité de nous avoir pour faire l’album. C’est réellement notre album ! Tu vois ce que je veux dire ? C’est plus cool ainsi. Si jamais nous choisirions le mauvais producteur, l’album en souffrirait beaucoup.

En plus c’est une solution moins coûteuse…

(Rires) Assurément. Je travaille pour que dalle bande de chiens (rires) !

Nous connaissons déjà tes influences musicales mais en tant que producteur nous ne connaissons pas vraiment tes modèles, qui sont ils ?

Mais producteurs favoris sont ceux qui pensent de façon sonique en utilisant des textures comme dans une peinture en quelque sorte. Des textures sonores comme le mec qui a produit tous les albums de Radiohead (ndlr : Nigel Godrich). Quand j’écoute ces albums, je les trouve tellement profonds, une sorte de gros truc épais plein de couches différentes. Je trouve ça plutôt cool. J’essaie d’incorporer ce genre de couches dans le genre metal lorsque je produis. J’essaie de le faire mais je ne sais pas si j’y parviens ou pas (rires) !

Y a-t-il un album que tu as produis dont tu es particulièrement fier ?

Oh, je ne sais pas (rires). J’essaie toujours de donner le meilleur de moi-même. Je suis fier de tous. Non en fait ils sont tous nazes (rires) !

« As Daylight Dies » marque le deuxième album consécutif du groupe avec le même line up. Pensez vous avoir enfin trouvé une bonne osmose ?

On devrait peut être virer quelqu’un en fait (rires) ! Non plus sérieusement, je pense que nous avons trouvé une bonne osmose avec cette formation. Tout le monde est dans le coup et tout le monde se sent bien. Justin s’est introduit à merveille dans notre groupe, c’est un bon batteur. Et bien sur Howard s’amuse beaucoup aussi. La famille a enfin été assemblée, c’est cool.

Cet été vous avez joué une date sur le Sound Of The Underground et aussi sur les festivals anglais de Leeds et Reading. Je suppose que vous avez joués des nouvelles chansons, comment ont-elles été accueillies par le public ?

En fait nous avons seulement joué le titre As Daylight Dies lors d’un concert en tête d’affiche en Angleterre entre les festivals de Leeds et Reading. L’accueil a été plutôt positif.

Musicalement parlant, la musique du groupe n’évolue pas beaucoup. N’as-tu pas peur de blaser quelque peu les fans ?

Oh tu sais ça dépend de chacun car tout à l’heure un journaliste m’a dit qu’il trouvait l’album très différent (rires). Mais à vrai dire nous n’avons pas essayer de rester les mêmes ou essayer de changer. Nous avons tout simplement écrit de la musique tu sais. Nous avons juste essayé d’écrire des morceaux qui nous conviennent et auxquels nos fans peuvent s’identifier. Il y a beaucoup d’éléments différents dans ce nouvel album mais il y a aussi une certaine continuité. C’est important de faire un album qui établit ton son et d’ensuite développer ce son au fil de ta carrière. Je pense que c’est ce que nous avons fait.

Je ne voulais pas dire que l’album sonne réchauffé. Je trouve certains morceaux assez frais. Je voulais juste dire que le style était très similaire…

Oui, nous n’allons pas nous transformer en un groupe de grindcore (rires).

Depuis vos débuts il y a toujours eu un aspect épique très prononcé dans votre musique mais tous vos morceaux sont très courts. Avez-vous déjà envisagé d’écrire de plus longs morceaux en accentuant ce côté épique ?

En réalité il y a une ou deux chansons plutôt longues sur l’album. Il y a une sorte de power ballade destinée à des gars qui soulèvent des poids et boivent de l’alcool fort (rires) !

Tu veux parler de Desperate Times ?

Oui c’est ce morceau. Tu sais il est déjà plutôt long pour moi (rires). Tu veux peut être parler de chansons de 20 minutes dans une veine power metal non (rires) ?

Non et je ne veux pas non plus vous transformer en Yes, Rush ou Dream Theater. Mais je me demandais juste si vous alliez creuser cet aspect épique de votre musique à l’avenir…

Un des objectifs que nous avons est de ne pas ennuyer les gens (rires). Nous essayons d’aller droit au but en ayant le plus d’impact possible. Mais surtout de ne pas barber les fans !

Je trouve qu’il y a sur cet album des morceaux très thrash et très furieux. On dirait que Justin a été un réel catalyseur pour vous n’est ce pas ?

Ouais mec, il a vraiment apporté sa patte sur l’album. Ce chien sait jouer de la batterie, sans aucun doute (rires). Nous avons actuellement une formation avec laquelle les gens se sentent à l’aise car cela fait un petit moment que nous n’avons pas fait de changements. Du coup Justin commence à faire son abri et à exprimer davantage sa personnalité. Même chose pour Howard, il a mis beaucoup plus de personnalité dans les nouveaux morceaux.

En tant qu’ancien batteur studio de la formation, diriges tu Justin ?

Je lui donne toujours une liberté créative mais en même temps comme nous travaillions ensemble j’essaie parfois de lui dire ce qui fonctionnera bien, ce qu’il faut faire et ce qui sera le plus excitant.

Les parties de guitare deviennent de plus en plus techniques mais toi et Joël vous ne vous essayez toujours pas aux solos. Une raison particulière ?

En fait nous ne sommes pas le genre de groupe qui arrange ces chansons de sorte à pouvoir inclure un solo. Nous sommes plutôt concernés par le fait d’écrire des chansons convenables. Pour Joël et moi-même, la composition est la chose la plus importante. Si nous devions placer un solo sur un morceau et en enlever une partie de chant, ce serait bizarre. Je pense que la musique est plus importante que des solos de guitare tape à l’œil.

Je ne voulais pas parler d’incorporer des solos pour le principe d’incorporer des solos. Mais je pense que par ci par là, cela peut apporter de la dynamique et que vous en êtes capables…

Oui c’est sur et à vrai dire c’est quelque chose dont nous parlons parfois. Le jour où nous le sentirons, nous le ferons. Si ça rend justice au morceau.

Comment décrirais tu ton partenaire Joël ?

Joël est une machine phénoménale ! Il est très précis et très talentueux. Il a tout de suite compris que le son vient des doigts. Ces mains peuvent tout faire, c’est un garçon talentueux.

Mike D a déclaré que cet album marque un retour à une composition de groupe. Du coup qui étaient les compositeurs principaux de votre album précédent « The End Of Heartache » ?

En réalité cela s’est passé à peu près de la même manière pour ces 2 albums. Je ne sais pas pourquoi Mike D a déclaré ça en fait (rires). Nous avons tous des idées séparément et ensuite nous les partageons dans la salle de répétition. Peut être que c’est de ça dont il voulait parler car pour cet album nous avons écrits de la musique chacun de notre côté puis nous l’avons jouées ensemble et l’avons assemblées ensemble. Nous étions ensemble afin de trouver quelle partie fonctionnait le mieux avec telle autre et ce genre de trucs. Mais en fait les compositeurs principaux du groupe sont Joël, Mike et moi-même. Nous avons toujours fonctionné ainsi depuis le début. Sur cet album nous avons essayé de trouver le bon équilibre entre l’énergie et la mélodie.

Il y a un tube sur chacun de vos albums. Vois tu sur « As Daylight Dies » un successeur à Last Serenade ou Rose Of Sharyn ?

(Prenant une grosse voix) C’est à toi de le décider (rires) ! Franchement nous n’essayons pas d’écrire de tubes, nous essayons juste d’écrire un bon album.

Dans le groupe tu es sans aucun doute celui qui se concentre le plus sur l’aspect humoristique…

(Rires) Ouais c’est ce que je fais mec !

Le truc le plus marrant que je t’ai vu faire sur scène était à l’Ozzfest 2005 à West Palm Beach. Tu avais un petit haut rose et tu t’es adressé aux filles de l’assistance de la façon suivante : Aujourd’hui je ne veux pas voir vos seins, je veux vous voir brandir vos chattes dans les airs !

(Riant aux larmes) Oh oui, je me souviens parfaitement de ça !

Il y avait aussi les mecs de Soilwork qui sont venus foutre le bordel sur votre scène…

Oh ouais, ce concert était tellement drôle mec (rires) !

Comment cela se passe ? Prépares tu tes discours ou improvises tu sur scène ?

Ca se passe de façon surexcitée en fait ! La plupart du temps ça arrive comme ça. Je monte sur scène et j’ai envie de dire de la merde (rires) ! Je dois avoir un esprit dérangé (rires). (à ce moment de la conversation Howard Jones entre dans la pièce et Adam rafraîchit la mémoire de ce dernier qui avait visiblement oublié l’épisode. S’en suit une bonne tranche de rigolade entre les 2 compères).

En parlant de concerts avez-vous des projets de tournée européenne ?

Oui, nous devrions venir aux alentours du mois de janvier (ndlr : depuis que l’interview a eu lieu, une date au 16 janvier 2007 à l’Elysée Montmartre a été confirmée).

Tu sais jouer de la guitare, de la batterie. Tu peux également chanter et produire un album. As-tu déjà songé à un album solo ?

Ca serait vraiment naze je pense (rires). Donc non ! Je suis trop occupé avec Killswitch Engage et pleins d’autres choses de toute façon.

Remerciements à Adam, Howard Jones ainsi qu'à Karine et Sarah de Roadrunner.