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LAMB OF GOD

Entretien avec Mark Morton (guitare)

17/06/08 - Par téléphone

Adulé chez l’oncle Sam, Lamb Of God demeure un outsider pour le public européen. Mais fort d’un nouveau deal chez Roadrunner et d’un nouveau DVD, les choses pourraient bien changer dans nos contrées !

Vous êtes assez discrets depuis votre tournée en 1ere partie de Heaven & Hell fin 2007. Quoi de neuf du côté de Lamb Of God ?

Nous sommes à la maison en train d’écrire de nouvelles chansons et de bosser sur notre nouvel album.

Vous venez de vous séparer d’Epic en Europe, qui n’a jamais sorti vos disques en France…

Nous avons d’ailleurs quitté ce label notamment pour cette raison (rires) !

Lamb Of God est très gros aux Etats-Unis et pas vraiment en Europe. Pourtant c’est Epic qui bossait le groupe sur les 2 continents. As-tu remarqué une différence dans leur façon de vous bosser de part et d’autre de l’océan ?

Oh oui ! Epic fait du super boulot aux Etats-Unis. Sacrement (2006) a été un disque énorme ici. Il est rentré directement dans le top 10 du Hits Daily Double Charts et du Billboard et a reçu une nomination aux Grammy Awards. En Europe tout s’est beaucoup moins bien passé parce que nous n’étions pas une priorité pour le label sur ce territoire. Nous n’avons jamais su pourquoi, mais il est clair que nous n’avons jamais bénéficié du même soutien de la part d’Epic en Europe. Nous sommes parvenus d’une certaine façon à transcender cela au Royaume-Uni car nous sommes aujourd’hui très gros là bas. Mais ailleurs en Europe la sauce n’a jamais pris et c’est de la faute du label. Nous étions déjà déçus pour Ashes Of The Wake (2004) et une nouvelle fois pour Sacrement. Heureusement, Epic a été suffisamment compréhensif et nous a laissé partir et nous sommes heureux à l’idée de bosser avec Roadrunner en Europe !

Justement, pourquoi avoir choisi Roadrunner ?

Parce que pour tout ce qui concerne le metal, Roadrunner est tout simplement le meilleur label en Europe. Bien plus qu’aux Etats-Unis d’ailleurs. Ils ont aussi des disques qui cartonnent chez nous mais rien de comparable avec l’Europe. Chez vous ils sont vraiment au top !

La première sortie est donc le DVD Walk With Me In Hell. Vous vous mettez une nouvelle fois à nu sur ce DVD en montrant des choses que beaucoup de groupes cacheraient. Faite vous cela pour entretenir une relation forte avec vos fans et leur donner le sentiment d’appartenir à la famille ?

Oui tout à fait. C’était aussi le cas de notre DVD précédent Killadelphia(2005), mais il n’est malheureusement pas sorti en France. Le style est similaire. Nous voulons montrer à quoi ressemble la vie d’un combo metal. Il y a tant de fans qui rêvent de faire ce que nous faisons, qu’il nous semble cool de leur montrer à quoi cela ressemble avec le plus d’honnête possible. Nous ne voulons pas prétendre être les plus grosses rock stars, nous voulons montrer la réalité.

Pas de bagarre entre toi et Randy Blythe cette fois (ndlr : chapitre célèbre de Killadelphia) et il semble que le groupe est devenu plus sage. Dirais tu que l’ambiance est meilleure aujourd’hui ?

Oui tout se passe beaucoup mieux. Tout le monde parle de cette bagarre entre moi et Randy alors que nous sommes réellement de bons amis dans et en dehors du groupe. On traine ensemble tout le temps et cet épisode malheureux est juste arrivé pendant un mauvais soir. Mais on peut clairement sentir que l’ambiance est meilleure dans ce nouveau DVD. Nous sommes plus heureux qu’avant et tout se passe mieux pour nous. Nous apprécions le fait d’avoir plus de succès qu’avant et nous travaillons dans les meilleures conditions sur le nouvel album.

On peut voir dans le DVD que les tournées européennes avec le Unholy Alliance et Heaven & Hell n’ont pas été particulièrement bonnes pour vous, alors que les festivals semblent vous combler. Etes vous plus friand des festivals en Europe ?

On s’amuse toujours beaucoup plus sur les festivals car il y a tout simplement plus de choses à faire. Ce n’est pas que nous ne prenons pas de plaisir à tourner avec Slayer ou Heaven & Hell, car ce sont d’excellents hôtes et certains concerts étaient vraiment bons, mais ils jouent dans ces grandes salles qui se trouvent en général au bord de l’autoroute, loin des villes. Tu n’as pas grand-chose à faire à part jouer, lorsque tu te produis dans ce genre d’endroits. Ca devient vite chiant de rester assis sur un parking toute la journée à attendre de jouer le soir ! Alors qu’en festivals tu peux aller te promener et observer la foule, tu peux regarder d’autres groupes et tu trouves toujours quelque chose à faire. Cela nous apporte plus de divertissement. Les concerts en club restent les meilleurs, car tu es au cœur de la ville et il y a plus d’intimité et d’énergie entre toi et le public.

Ou en êtes-vous pour le nouvel album ?

Nous avons écrits 7 ou 8 chansons à ce jour. Nous voulons en composer le plus possible et ensuite choisir celles qui conviennent à l’album. Nous voulons explorer de nouvelles directions musicalement.

Dans le DVD on peut clairement voir que Chris Adler n’apprécie pas que Randy Blythe ne participe pas du tout aux premières étapes de Sacrement. Est-ce différent cette fois ?

Oui c’est très différent. Il est de notoriété publique que Randy traversait vraiment une salle période pendant l’élaboration de Sacrement. Mais c’est un type complètement différent aujourd’hui. Il a collaboré avec nous dès les premiers jours pour ce nouvel album et je pense que cela s’entendra ce qui est une bonne chose !

Quand pensez-vous sortir ce nouveau disque ?

Début 2009 je pense.

Sacrement était votre premier opus qui ne parlait pas de politique. Mais vu que les élections américaines approchent, est ce que ce genre de sujet va ressurgir sur le prochain ?

Je ne sais pas. Pour le moment il n’y a rien de politique dans nos nouvelles chansons mais il est possible que ça change. Nous nous sommes délibérément écartés de l’aspect politique sur Sacrement car nous ne voulions pas nous répéter. As The Palaces Burn (2003) est un album tellement politisé que nous voulions parler de quelque chose d’autre. C’est pourquoi Sacrement est plus personnel et introspectif.

Pendant que vous composez, tu es confronté à l’opinion de 2 frères (Chris & Willie). Est-ce dur parfois de faire valoir tes idées ?

Non pas vraiment car les chansons que moi et Willie écrivons sont assez différentes. Evidemment Chris et Willie ont un peu la même logique du fait qu’ils sont frères. Mais nous sommes conscients que nous avons besoin de nos 2 influences pour sonner comme du Lamb Of God. Nous sonnons vraiment différemment. Ca me prend peut être un petit plus de temps pour imposer mes idées mais tout le monde est ouvert d’esprit et conscient de notre différence, qui est primordiale au son de Lamb Of God.

Un indice de la direction du nouveau disque ?

Il y a probablement plus de soli que d’habitude. Il y a quelques passages calmes mais aussi des titres très rapides qui lorgnent pratiquement vers le punk. Evidemment la majorité est composée de riffs heavy !

Quel a été le retour sur l’édition Deluxe Producer de Sacrement ?

Les gens ont aimé et nous avons pris du plaisir à entendre ce que d’autres personnes pouvaient rajouter ou enlever à notre musique. Nous avons voulu donner un outil à tous ces garage-bands pour les faire jouer sur un album pro. Les gens ont aimé pouvoir jouer un solo différent du mien ou alors de chanter à la place de Randy. Ca a donné une chance aux fans de pouvoir participer avec le groupe d’une façon qui était inédite à ce jour.