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MESHUGGAH

Entretien avec Thomas Haake (Batterie)

25 Mai au Trabendo à Paris

 

Meshuggah vient de sortir son nouvel album, le très conceptuel "Catch 33". Pour le coup le groupe est de passage sur Paris, 5 ans après son concert au Divan Du Monde. L'ocassion de faire un petit entretien express avec Thomas Haake, batteur du groupe à une heure de l'ouverture des portes du concert.

Salut Thomas, « Catch 33 » vient juste de sortir, es tu nerveux à l’idée de penser à l’accueil que le public va lui réserver ?

Non pas vraiment, nous ne nous sentons pas trop concernés par ce que les gens pensent de notre musique. Evidemment ça fait plaisir lorsque tu entends quelqu’un te dire que ce que tu fais est bon et lorsque que tu vends plus d’albums. Mais nous essayons seulement de faire de la musique que nous jugeons bonne et espérons que les gens la trouveront bonne aussi. Donc non, nous ne sommes pas vraiment anxieux à propos de ça !

Peux tu m’expliquer la signification du titre « Catch 33 » ?

Oh cela vient du livre de Joseph Heller « Catch 22 ». Notre album est une sorte de version revisitée de ce livre. Les paroles de l’album tourne toujours autour du thème de la contradiction et du paradoxe. Les paroles et également l’artwork de l’album ont été conçus dans ce sens. Pour le 33, c’est juste un nombre qui hante le groupe depuis une décennie. On le voit encore toujours partout ce nombre, il n’y a pas de sens plus profond que cela.

« Catch 33 » a été annoncé comme une grosse évolution pour Meshuggah mais je dois t’avouer que mis à part le fait que l’album soit uniquement composé d’une chanson de 47 minutes, je ne trouve pas la musique en elle-même si différente…

Oui je pense que l’évolution n’est pas si facile à entendre pour les gens. Pour nous l’album est vraiment différent, plus particulièrement au niveau des guitares. Dans la seconde partie de l’album nous avons fait des choses complètement nouvelles que personne n’avait abordé auparavant. Dans ce sens nous pouvons parler d’évolution puisque nous avons fait des choses que personne n’a faites avant nous. Mais effectivement je ne parlerai pas non plus d’évolution monstrueuse pour le groupe. Je pense que c’est juste un truc cool que nous voulions faire à l’opposé de ce que nous faisons d’habitude, il y a beaucoup d’expérimentation, nous ne pensions pas à l’origine jouer du matériel de cet album en concert. Cet album c’est surtout un délire expérimental en studio, pas une grosse évolution, juste un côté différent de ce qu’est Meshuggah.

Il y a très peu de solos sur l’album, pourquoi ?

Nous n’avons pas vraiment ressenti la nécessité d’inclure des solos. Nous voulions juste garder une certaine ambiance dans l’album et nous concentrer plus là dessus. Nous n’incluons pas de solos de guitare juste pour la forme, il faut qu’ils aient du sens.

Quel sera le prochain challenge pour Meshuggah ?

Nous allons très certainement revenir à des choses plus anciennes. Cela sera différent mais ça renverra un peu à ce que l’on faisait avant. Chaque album que nous faisons est différent l’un de l’autre. Je ne sais pas encore de quoi sera fait le prochain car nous n’avons pas beaucoup écrit pour le moment, il est trop tôt pour le dire mais je pense que cela ressemblera à nos disques plus anciens mais avec de nouveaux éléments.

Vous venez de re-signer avec Nuclear Blast, le prochain album arrivera vite, ou allez vous prendre votre temps comme entre « Choasphere » et « Nothing » ?

En réalité nous faisons cette tournée de 3 semaines en Europe et dès qu’elle est finie nous repartons composer. Notre but est d’avoir un nouvel album l’année prochaine et avec chance de le sortir à la même époque que maintenant. La raison de cette envie rapide de sortir notre prochain album est que « Catch 33 » n’est pas très intégrable en concert, et à l’origine n’était même pas prévu pour. On veut faire pour le prochain quelque chose qui colle plus avec l’aspect concert.

Concernant le poste de bassiste au sein du groupe, vous ne voulez toujours pas de membre permanant ou avez-vous changer votre opinion là dessus ?

Nous n’en savons toujours rien. Nous ne ressentons pas le besoin d’avoir un autre membre pour écrire des chansons. Pour cette raison nous n’avons pas vraiment besoin d’avoir un bassiste officiel. Celui qui nous accompagne est notre bassiste permanant de concert, nous le payons en tant que musicien de session live. Cela dit il jouera peut être les parties de basse sur le prochain album.

Meshuggah est définitivement un des groupes les plus influents aujourd’hui, quels sont vos clones que tu préfères ?

Je ne sais pas mec, on nous en parle souvent mais je n’ai jamais vraiment croisé de groupes qui sont des clones de Meshuggah. Il y en a qui jouent des choses très techniques comme nous le faisons, mais je pense qu’ils prennent uniquement un aspect de ce que nous faisons. Pour Meshuggah notre façon de faire c’est : écrire des riffs de guitare cool, et ensuite de placer la batterie sur ces riffs pour les rendre encore plus cool. Quand je vois ces groupes jouer ces riffs techniques, je n’ai pas l’impression qu’ils sont capables d’écrire des riffs vraiment cool, ou du moins des riffs que nous trouvons cool (rires). Nous ne voyons donc pas beaucoup de similarités entre ces groupes e ce que nous faisons.

Nous parlons beaucoup en général des groupes qui sont influencés par Meshuggah mais très rarement des groupes qui ont influencés Meshuggah, peux tu me dire quelles sont vos principales influences ?

C’est dur à dire. Je pense que la plupart de tes influences proviennent de ta jeunesse. En ce qui me concerne donc, le Heavy Metal et ensuite le Thrash de la Bay Area. Au bout de quelques albums nous avons commencé à aller vers notre son, à nous nourrir les uns les autres d’idées plutôt que de regarder les autres groupes. J’aime séparer influence et inspiration. Nous sommes très souvent inspirées par d’autres groupes mais pas nécessairement influencés. Nous essayons délibérément de ne pas être influencé par les autres groupes, nous voulons créer quelque chose d’unique et ne pas regarder ce que font les autres groupes.

Et quel a été ton parcours musical quand tu étais jeune ?

Un peu avant l’adolescence, vers 10-12 ans, j’ai commencé à écouter des groupes comme Black Sabbath, Iron Maiden et Rush. Nous avons un peu tous le même background à l’exception de Jens qui lui était plutôt branché par la scène punk. Nous avons tous été un bon moment là dedans, puis Fredrik et moi sommes passés à des choses comme le jazz rock et le jazz fusion. J’ai beaucoup écouté des trucs comme Allan Holdsworth et Chick Corea.

C’est la première réelle tournée Européenne que vous faites depuis 5 ans, pourquoi ?

Nous n’avons pas beaucoup travaillé l’Europe ces derniers temps car les ventes étaient mauvaises. Nous avons l’impression que les gens n’aimaient pas ou ne comprenaient pas notre musique. Il était alors beaucoup plus simple pour nous de tourner aux Etats-Unis. Maintenant nous avons un nouvel agent pour les tournées en Europe, les ventes sont meilleures et tout a l’air d’aller mieux, donc nous allons commencer à plus tourner en Europe à partir de maintenant.

La dernière fois que vous avez jouer en France au Fury Fest vous avez donné un set raccourci de 2 titres peux tu m’en dire plus ?

Oui c’est l’équipe du festival qui nous a coupé le courant. Le groupe avant nous était en retard (ndlr : Chimaira) et du coup l’organisation a pris le temps sur nous. Nous n’avons disposé que d’uniquement 35 minutes et nous étions vraiment en colère. Mais que faire ? Si ils coupent le courant, nous devenons silencieux (rires). En tout cas c’est une honte.

Scarve ouvre pour vous sur cette tournée, que pensez vous du groupe ?

C’est un super groupe et c’est pour cela que nous les avons choisi. Ce qu’ils font, ils le font très bien. Ce sont de super musiciens et des mecs cool, c’est pour cela que nous les avons choisi.

Un espoir de voir Fredrik jouer avec eux sur scène à un moment de la tournée ?

Non.

Merci à Valérie et à Thomas pour avoir callé coute que coute cette interview dans un planning très chargé.