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OCEANSIZE

Entretien avec Gambler (guitare) et Jon Ellis (basse)

14/10/05 - Café Charbon - Paris

 

Oceansize, un des leaders de cette nouvelle scène mélangeant allègrement alternatif et progressif, est de retour avec un nouvel album disponible depuis fin septembre et commence sa tournée Européenne par un concert au Nouveau Casino de Paris. C'est avec les déconneurs Gambler et Jon Ellis que je me suis entretenu pour parler du fonctionnement du groupe.

Salut les gars. Malheureusement je n’ai pas le cd promo de « Everyone Into Position » et ma commande de l’album sur Amazon n’est toujours pas arrivée, donc je vais vous demander de faire le boulot à ma place et de me décrire ce nouvel album…

Jon & Gambler : (rires).

Gambler : notre but avec cet album était d’évoluer par rapport au précédant. De manière consciente nous avons voulu aller vers des chansons plus concises. Moins d’intro à rallonges, beaucoup plus de voix sur cet album. Mike a eu beaucoup d’inspirations sur le chant.

J’ai tout de même pu écouter les 2 premiers titres de votre album, The Charm Offensive est plutôt long et progressif tandis que le second Heaven Alive est effectivement vraiment plus concis par rapport à ce que le groupe faisait jusque là…

Ouais c’est parce qu’ Heaven Alive est notre single. Mais ne t’inquiète pas, il y a toujours de longues chansons dans cet album.

Jon : Toujours des trucs de 6 minutes (rires).

Gambler : c’est une bonne mixture, pour moi cet album est plus varié que le premier.

Jon : C’est une extension du premier album.

Vers quelle direction voulez vous emmener le groupe dans le futur ?

Ce n’est pas si réfléchi, nous ne planifions pas vraiment les choses. On se retrouve tous les 5 et on voit ce qu’il se passe. Parfois nous sommes nous même surpris tu sais.

Gambler : On ne peut trop imaginer la façon dont on sonnera dans le futur. Ce n’est pas écrit dans un agenda.

Jon : Ouais, on expérimente beaucoup, on essaie de bien faire sonner ce que l’on fait mais on ne sait pas vraiment où l’on va.

Gambler : Je pense que l’on a une meilleure idée de ce que nous avons déjà fait, plutôt qu’une bonne idée de ce que nous faisons. Je sais qu’il y a des choses sur ce nouvel album que l’on n’aurait pas pu faire sur le premier. Sur la dernière chanson de l’album par exemple, il y a une partie assez calme dans un genre limite gospel. Sur le premier album nous n’avions pas assez de confiance en nous pour faire ce genre de trucs.

Travaillez vous en équipe pour la composition, où y a-t-il des compositeurs principaux dans le groupe ?

Oui nous travaillons en groupe. A l’exception des paroles et de leur mélodie qui sont écrites par Mike. Pour la musique nous travaillons vraiment à 5.

Un des trucs qui m’impressionne le plus dans votre groupe, c’est votre capacité à faire des sons vraiment nouveaux et uniques juste avec vos guitares et vos pédales d’effet, je suppose qu’une bonne partie du temps alloué en studio sert à trouver le son parfait n’est ce pas ?

Jon : oui, certainement.

Gambler : nous avons une bonne idée des chansons avant de débarquer en studio. Tout ce qui fait parti des arrangements est fait avant que nous allions en studio. De façon à y passer moins de temps. Nous contribuons à la production. Nous avons apporté beaucoup d’idée à Chris Sheldon sur le premier et ensuite à Dan Austin sur le nouveau.

Jon : mais effectivement nous sommes toujours en train de triturer nos potards (rires). Nous bidouillons sans cesse tous nos effets.

Vous avez une influence progressive clairement prononcée, avez-vous une culture rock prog, des groupes que vous admirez ?

Oui il y a un peu de ça. Mais je pense que nous avons tous les 5 des goûts musicaux assez différents. C’est ça qui doit former notre côté progressif. C’est un genre où il y a beaucoup de diversité.

Gambler : Il y a beaucoup de styles représentés dans la musique du groupe. Nous ne voulons pas forcément pousser le côté technique, nous jouons de façon naturelle avec nos diversités. Nous apprécions pas mal les groupes progressifs qui sont dans cette optique là, créer des chansons en mixant pas mal de styles.

Pour moi « Efflorescence » représente vraiment le premier album parfait. Les compositions sont si matures, le tout est tellement bien travaillé. Ces chansons existaient elles depuis des années, ou les avez-vous composé peu avant d’aller en studio ?

Jon : Oui certaines étaient déjà vieilles. D’autre non, il y en a que nous avons écrite une fois rentré dans le studio. C’était beaucoup plus dur pour ce nouvel album car nous disposions de beaucoup moins de temps.

Gambler : Oui, puis il n’y avait aucune pression sur le premier album. Nous avons répété toutes ces chansons pendant 5 ans. Celles de l’EP « Music For Nurses » ont été écrites juste après notre premier album et là nous avions donc juste une année pour écrire de bonnes chansons. Certains turcs du premier album sont donc assez vieux, et d’autres ont été crées dans le studio et devaient à l’origine constituer des faces B.

En parlant de l’EP « Music For Nurses », jouez vous des chansons de cet EP en concert ?

Oui, mais beaucoup moins que sur la tournée anglaise précédente. Mais nous en jouons toujours.

Quel souvenir gardez vous de votre premier concert français en compagnie de McLusky à la Boule Noire en mars 2004 ?

Jon & Gambler : (rires).

Gambler : c’était cool, mais notre première impression en rencontrant McLusky n’était pas très bonne. Ils ne nous aimaient pas et par conséquent nous ne les aimions pas non plus (rires). Je pense qu’ils croyaient qu’on leur volait leur alcool ou quelque chose comme ça. Ils étaient d’humeur plutôt négative en tout cas.

Jon : Le truc marrant c’est que quand ils sont venus en France, on les a appelé ici M.C Lusky (ndlr : il prononce M.C au lieu de « mac »). Comme un groupe de hip hop (rires). Depuis ils ont splitté, c’est de notre faute (rires).

Gambler : Nous avons tournée avec eux après ça aux Etats-Unis, c’était super. En réalité ces mecs sont super cool.

Jon : Ouais c’est le groupe préféré de ma mère (rires).

Le truc bizarre à ce concert est que vous étiez annoncé partout souvent sans mentionner le nom de Mc Lusky, du coup beaucoup de gens ont pensé que vous étiez la tête d’affiche…

Gambler : Oui c’est pour cela que nous aussi, nous étions dégoûtés (rires).

Oceansize est un groupe qui présente donc beaucoup de visages différents. Vous pouvez, je pense, attirer un public très varié. Par exemple personnellement j’ai plutôt une culture metal et progressif. Quel genre de public pensez vous attirez majoritairement ?

Je pense qu’il y a pas mal de fans de progressif. Des musiciens qui sont attirés par le côté complexe de notre musique. Mais il y a aussi des adolescents qui ne font que regarder nos pédales d’effets (rires).

Jon : c’est vrai que nous n’avons pas particulièrement de public défini, c’est un peu étrange dans un sens. Tu ne sais pas trop comment faire plaisir (rires).

Pour moi, pendant les années 90, le rock en Angleterre était assez mort créativement parlant. On observe aujourd’hui un gros boom avec des groupes comme Oceansize et Amplifier par exemple. Avez-vous également cette impression ou pensez vous que rien n’a changé et que mon opinion est mauvaise ?

Gambler : Il y avait quand même Radiohead pendant les années 90.

Jon : Mouais, je n’ai jamais vraiment pensé à cela en terme géographique. La musique n’a pas de barrière, je ne réfléchis jamais sur son origine. La musique traverse les cultures.

Gambler : Puis il n’y a pas vraiment de groupes qui m’excitent vraiment récemment.

Jon : à part le groupe Do, Make, Say, Like An Idiot (rires). Ouais ils sont vraiment incroyables eux (rires). (ndlr : Jon doit sûrement faire référence à un groupe imaginaire !).

A cause d'un traffic excessif, cette interview a été faite avec 20 minutes de retard, 10 minutes avant que le groupe aille manger à son hotel. Merci donc à JB de Beggars Records ainsi qu'à Gambler et Jon Ellis pour m'avoir attendu malgré ce retard.