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OCEANSIZE

Entretien avec Mike Vennart (chant/guitare), Mark Heron (batterie) et Steve Hodson (basse)

15/09/06 - Loges de l'Elysée Montmartre - Paris

 

Au bord du gouffre fin 2005 avec notamment le départ de leur bassiste Jon Ellis, Oceansize a remonté de belle manière la pente tout au long de cette année 2006. Entre les nombreuses tournées, la publicité pour Orange, l'intégration d'un nouveau bassiste et le début d'une nouvelle phase d'écriture, le groupe semble bien remis sur pieds. C'est avec un Mike Vennart îvre, un Mark Heron sérieux et un Steve Hodson peu locace que je me suis entretenu au sujet de cette année mouvementée, après leur concert donné en première partie de Porcupine Tree à l'Elysée Montmartre.

Salut les gars. C’était comment de jouer dans cette salle culte parisienne, l’Elysée Montmartre ?

Mike : Très rapide ! Nous avons déjà jouer avec Porcupine Tree auparavant et ils jouent toujours dans de bonnes salles. Celle-ci est plus particulière pour moi, car j’ai une attache sentimentale avec. Quand j’avais 17 ans, la première fois que je suis venu à Paris, je suis venu voir Faith No More jouer à l’Elysée Montmartre. J’ai même réussi à me frayer un chemin pour assister aux balances. Ils étaient en train de filmer un clip pour leur single (ndlr : il s’agit de Ricochet). C’était en 1995 sur la tournée de « King For A Day…Fool For A Lifetime ». J’apparais même sur une image de la vidéo, mais lorsque tu regardes le clip sur youtube tu ne peux pas bien me reconnaître car la compression est mauvaise. D’ailleurs c’est le seul clip qui ne figure pas sur leur DVD. Tous les autres sont dessus (rires). Ils ont peut être trouvé que c’était un clip merdique. Ils l’ont filmé pendant les balances. Mais je l’ai sur VHS !

L’année dernière vous avez donc déjà tourné avec Porcupine Tree. Nous nous sommes vu plusieurs fois lors de cette tournée et il m’est paru évident qu’à ce moment là vous étiez cramé et fatigué, surtout sur la fin. Ensuite Jon Ellis a quitté le groupe. Cette année les choses ont l’air de s’être très largement arrangées. Les sourires sont revenus et les concerts ont été meilleurs. Pouvez vous revenir sur la façon dont vous avez vécu la fin 2005 ?

Mike : C’était une période très sombre pour le groupe. La tournée avec Porcupine Tree marque la première fois que nous avons du tourner par nous même. Pas de tour manager. Juste le groupe qui conduit le van. En fait sur les 2 dernières semaines de la tournée, il n’y avait plus d’électricité dans le van. C’était tout sombre, froid. Nous n’avions rien à manger. Du coup tout le monde était au plus bas pendant cette tournée et bien évidemment le fait d’apprendre que Jon nous quitte pour ses propres raisons n’a rien arrangé. Mais au final, un an plus tard nous tournons encore pour le même album avec Steve. Mais c’était vraiment une époque sombre pour le groupe. On se demandait comment nous allions pouvoir remplacer quelqu’un qui était là depuis le début et qui savait exactement ce qu’il devait faire dans le groupe. Nous ne pensions pas pouvoir aller de l’avant et continuer en compagnie de quelqu’un que nous connaissions seulement depuis un an et demi.

Quelles ont été les raisons du départ de Jon ?

Mike : Sans en dire trop, c’est difficile de maintenir une carrière professionnelle qui ne te paie pas alors qu’en même temps tu dois élever un enfant. Mais j’en ai déjà dit trop, je ne devrais pas dire ça.

Mark : Problèmes personnels. Lorsque que tu es dans un groupe comme le notre, tu dois vivre en marge de la société car tu ne gagnes pas vraiment d’argent et tu dois faire ça car tu veux le faire. Si tes priorités dans la vie changent, tu ne peux pas maintenir cette vie. Les gens évoluent et changent.

Vous avez maintenant Steve Hodson qui est ici avec nous. Peux tu te présenter à mes lecteurs Steve ?

Steve : Bonjour (rires).

Mike : Hey !

Steve : Hey ! Je vais bien (rires).

Mike : C’est Steve Hodson. Personne ne connaît encore son nom de famille. J’ai mis un mois à le connaitre.

Mark : Moi j’ai mis un an et demi (rires).

Et quel a été ton parcours avant d’intégrer Oceansize ?

Steve : J’étais facteur.

Mike : Vraiment ? Gambler aussi était facteur !

Et sur un niveau plus musical ?

Steve : J’ai fait parti de plusieurs groupes depuis l’école.

Mike : Il a fait parti d’un groupe qui s’appelle Capulet. Il était batteur dedans.

Vous avez fait parti du fiasco qui a eu lieu à Beauvais en mai dernier. Je veux bien sur parler du festival Metalliance. Pouvez vous me raconter cette journée surréaliste ?

Steve : C’était de la merde.

Mark : On s’est bien amusé en regardant le bassiste d’un groupe qui a joué avant nous. Il avait un micro à la Madonna là…

Mike : Ouais un micro radio.

Mark : Il avait de belles chaussures avec des flammes et il hurlait au public en même temps qu’il jouait.

Mike : Il avait une basse en forme de mitraillette.

Mark : Ouais c’était cool !

Steve : C’était un peu comme prendre une machine à remonter le temps et atterrir 10 ans avant.

Mark : Ca a été un jour particulièrement horrible pour chacun de nous.

Mike : On a du boire pendant 15 heures pour faire passer ça et pas que des bières. Mais c’était étrange parce que tout le monde avait été mis au courant sur le fait que personne ne serait payé. Nous nous sommes dit qu’après avoir conduit toute une journée et bu tout cet alcool, nous étions là alors autant jouer. Au moment d’entrer en scène il y a le mec chargé de la sonorisation qui a parlé dans son micro pour dire qu’il ne continuerait pas tant qu’il ne serait pas payé. Nous étions prêt à jouer et maintenant il fallait que ce soit le mec de la sono qui ne veuille pas continuer. Nous étions là sur scène à attendre. Puis nous avons finalement pu jouer et je pense que nous avons donné un bon concert du fait de l’état d’esprit quelque peu énervé dans lequel nous étions à ce moment.

Honnêtement j’ai vu tous vos concerts donnés en France et pour moi ce fût le meilleur…

Mark : Vraiment ? Mieux que le premier à la Boule Noire ?

Ouais, même si à l’époque de la Boule Noire vous jouiez encore le titre Saturday Morning Breakfast Show

Mike : Oui on devait terminer là dessus. Au Nouveau Casino ça devait être bien sinon ?

Le dernier concert donné au Nouveau Casino était bon, notamment car c’était le plus long que vous ayez donné en France. Mais ta voix était un peu fatiguée comme vous étiez en fin de tournée…

Mike : Vraiment ? Ha merde.

Mark : Et celui-ci comment l’as-tu trouvé ?

Meilleur que la dernière fois en première partie de Porcupine Tree, car vous aviez eu des problèmes techniques.

Mike : Ho oui je m’en souviens !

Le problème aujourd’hui est que vous avez quitté la scène à l’heure d’ouverture des portes indiquée sur le billet, d’où le fait qu’il n’y avait pas grand monde et peu d’ambiance.

Mark : Malheureusement nous avons été au courant de l’horaire indiqué sur les billets une fois notre prestation terminée.

Revenons un peu à nos moutons. Peu de temps après, vous avez été la bande de son de la nouvelle pub mondiale d’Orange avec la chanson Music For A Nurse. Je suppose que vous êtes maintenant tous millionnaires (rires)…

Mike : Oh oui nous le sommes (rires) !

Je plaisante bien sur. Mais comment cela s’est passé ?

Mike : On nous a demandé si c’était possible et nous avons répondu : Yeah ! Mais pas immédiatement… enfin si, nous avons répondu oui immédiatement ! Mais nous avions quand même une sorte d’anxiété à propos de ça. Puis nous nous sommes dit que nous n’aurions pas souvent ce genre d’opportunités.

Mark : En fait il y a un français qui nous a vu la première fois que nous sommes venus ici à la Boule Noire en compagnie de McLusky. Il est devenu fan et entre temps il est rentré dans une agence de publicité qui s’est donc occupé de la pub d’Orange. Il a proposé notre chanson à l’agence qui disposait donc d’une douzaine de titres. Au final les réalisateurs de la pub ont choisi la notre. C’était une bonne chose à faire. Au départ nous pensions que la publicité serait seulement diffusée en Angleterre mais nous avons appris par la suite qu’elle le serait dans une centaine de pays.

Mike : Nous avons eu de la chance sur la qualité de la pub. Elle est très réussie et elle pourrait très bien faire office de clip pour la chanson. Elle est tellement réussie ! Ils nous ont même demandé de l’approuver. Ils ont fait les changements que nous avons jugés nécessaires. C’était vraiment une collaboration, chose à laquelle nous ne nous attendions pas vraiment.

J’espère pour vous que financièrement ça vous a donner un coup de pouce car je me souviens la dernière fois que je t’ai vu à Donington, tu m’as dit que vous n’étiez pas encore payés…

Mike : Oui c’est vrai. Merde attends je t’ai dit ça ? Faudrait que j’apprenne à fermer ma gueule (rires). Sinon oui ça m’a aidé à payer mon loyer. Cela faisait plus d’un an que je ne le payais plus. Ce genre de choses simples.

Vous êtes très proches du groupe Amplifier. Vous venez du même coin et je vous ai vu les supporter ardemment à Donington. Pensez vous entreprendre une tournée ensemble dans le futur ?

Mike : Pourquoi pas, nous ne refusons jamais une opportunité en général…

Mark : Je ne pense pas que cela arrivera car ils veulent jouer en tête d’affiche, leur nouvel album sort bientôt. Par contre nous parlons de tourner avec un autre groupe de Manchester qui s’appelle Grand Volume, ils sont vraiment bons.

L’été dernier vous avez eu un peu de temps libre. Je suis certain que vous avez composé quelques titres n’est ce pas ?

Mark : En tout nous n’avons du avoir que 10 jours pour penser à d’autres chansons.

Mike : Nous avons 2 chansons plus ou moins terminées.

Mark : Nous avons écrit ces morceaux parce que notre maison de disque voulait entendre du neuf.

Mike : C’est la première fois que nous composons parce que la maison de disque nous le demande.

A quoi devons nous nous attendre avec ces nouveaux morceaux ?

Mark : Il y en a un qui fait 10 minutes.

Mike : L’autre fait 5 minutes 30.

Mark : Je pense que ces morceaux sont différents de tout ce que nous avons pu faire avant. Et ils sont également très différent l’un de l’autre. Ils trouveront sans doute une place quelque part car nous n’aimons pas trop garder des trucs en stock.

Mike : Nous évitons même d’avoir du stock.

Et toi Steve, as-tu eu un impact sur ces nouvelles compositions ?

Steve : Ouais.

Mike : Il a une sorte de solo sur l’un des 2 morceaux.

Steve : Ce n’est pas vraiment un solo.

Mike : Il y a une section où il fait un peu de slap.

Vous avez travaillé beaucoup de temps sur « Effloresce » contrairement à « Everyone Into Position » pour lequel vous avez disposé de très peu de temps. Quel tempo vous convient le mieux ?

Mike : Un peu des 2 je pense.

Steve : Nous devons avoir besoin d’un peu de pression je pense.

Mark : Oui mais pas d’une pression dingue non plus.

Mike : Nous avons besoin d’une date butoir.

Mark : Nous avons effectivement été des 2 côtés du spectre. Pour le premier album, avant d’être signé, nous avons pu écrire pleins de chansons et les expérimenter.

Mike : Nous pouvions passer 6 mois sur le même morceau (rires).

Mark : Pour le second album nous n’avons eu que 3 mois. A la moitié du processus d’écriture nous ne savions toujours pas ce que cela allait donner. J’aime bien être sous pression car du coup nous écrivons en un clin d’œil et lorsque nous jouons un morceau tous ensemble pour la première fois, il fonctionne plus vite également. Mais je ne sais pas si nous procéderons ainsi pour la totalité du processus d’écriture du prochain album. Je ne sais pas ce que deviendront ces 2 premiers morceaux. Nous les jouerons peut être live pour les tester. Ils finiront peut être sur un EP comme « Music For Nurses » peut être sur le prochain album ou peut être nulle part. Pour le premier album nous avons laissés de côté 5 ou 6 chansons tandis que sur le second nous avons mis tout ce que nous avions composé. Je pense que nous aurons plus de choix pour celui-ci.

Merci à Mike, Mark et Steve pour avoir eu l'amabilité de faire cette interview juste avant leur départ pour Anvers. Merci également à Gambler et Steve Durose.