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UMPHREY's Mc GEE

Entretien avec Brendan Bayliss (guitare/chant) Ryan Stasik (basse) et Joel Cummins (clavier/chant)

16/03/06 - Loges de la Boule Noire - Paris

 

Inconnu en Europe, pour cause de distribution tardive, les Umphrey's McGee sont un jamband de Chicago très réputé aux Etats-Unis. Après avoir sorti l'album "Anchor Drops" l'année dernière, le label Inside Out sortira cette fois l'excellent nouvel album du groupe "Safety In Numbers" en même temps que sa sortie américaine, c'est à dire début avril. Voici une bande de potes amusante dont la musique est à découvrir d'urgence.

Salut les gars. Même si ça fait presque une décennie que le groupe est en activité, vous êtes pratiquement inconnus ici en Europe. Je vais donc vous demander de résumer la carrière du groupe…

Brendan : On s’est rencontré à l’université, dans l’Indiana.

Joel : Au milieu de nulle part, dans l’ouest.

Brendan : On se consacrait à la musique et à la culture en général. Joel était dans un groupe, Ryan et moi dans un autre groupe. Nos 2 groupes étaient en compétition. Nous faisions la compétition sans toucher d’argent dans notre ville.

Joel : Mon groupe écrasait le leur assez régulièrement !

Brendan : Oui. Son groupe détruisait le notre (rires généraux). Nous lui avons donc fait la faveur de le faire sortir de son groupe de reprises (rires généraux). Nous avons joint nos forces. Nous avons commencé à jouer sur le campus, dans des fêtes, partout où on pouvait en fait. Puis le percussionniste a joint le groupe.

Ryan : En 2000 nous avons déménagés à Chicago. C’était une plus grosse ville, un bon moyen pour nous de faire ce que nous faisions pour de bon. Tout a commencé à devenir plus sérieux sur Chicago. C’est là que nous avons commencé à beaucoup tourner. Jake nous a rejoint en 2000. Notre nouveau batteur qui remplace l’ancien, nous a rejoint en 2003 pour former le sextet que nous sommes aujourd’hui.

Joel : Nous avons donc le même groupe depuis 3 ans maintenant.

Brendan : Mais le noyau du groupe est là depuis 7 ans et demi.

Quel est le sens de votre nom Umphrey’s McGee ? La première fois que je l’ai vu, j’ai cru qu’il s’agissait du projet solo de quelqu’un…

Brendan : C’est le nom d’un de mes cousins. Nous n’avions pas de nom de groupe, puis nous blaguions à propos de cela. Nous avons fini par nous dire pour rigoler que nous allions nous appeler comme cela, et ensuite il était trop tard pour changer.

Ryan : Ouais, puisque nous avons obtenus des concerts avec ce nom. Nous ne pouvions plus changer ! Nous étions coincés avec ce nom. C’est une de ces histoires tu vois.

Brendan : On en serait peut être plus loin avec un vrai nom de groupe, mais nous sommes plutôt satisfaits de notre situation actuelle.

Vous tournez beaucoup aux Etats-Unis, mais c’est votre première tournée européenne. Comment se sont passés les concerts donnés en Angleterre et en Italie ?

Joel : vraiment cool. Ce que j’aime bien, c’est que chaque ville possède sa propre ambiance dans le public. Les anglais sont assurément plus orientés sur le chant et sont vraiment rentrés dedans pendant que les italiens hier, écoutaient davantage et était extrêmement concentrés sur la musique. C’est vraiment excitant de pouvoir jouer ici. Nous pensions avant de venir ici que nous n’aurions que 2 personnes aux concerts avec 20 américains qui nous suivent et les mecs du staff. 2 personnes qui se pointeraient en pensant que nous sommes un autre groupe. En réalité il y a quelques gens d’ici aux concerts, c’est plutôt encourageant pour nous.

Demain vous allez jouer au festival à Amsterdam…

Joel : Ouais !

Brendan : Non ! Demain on boit, c’est la St Patrick ! Ensuite nous faisons le festival (rires généraux). Nous serons dans le train demain pour la St Patrick.

Ryan : Ouais malheureusement.

Malheureusement je n’ai pas encore eu l’occasion d’écouter votre nouvel album "Safety In Numbers", je vais donc vous demander de me le décrire…

Joel : Bien. Avec notre nouvel album, en fait ça fait 2 ans que nous avons voulus nous concentrer sur les chansons. Nous avons des chansons qui fonctionnent individuellement mais aussi en tant qu’ensemble. Je pense que nous sommes pratiquement arrivé à cela avec notre précédent album « Anchor Drops » mais avec celui-ci nous avons pris plus de temps. Nous avons mis 10/11 mois à le faire, nous avons écrit le double de chansons qu’il nous fallait afin de pouvoir choisir les morceaux qui correspondent. Nous avons bien peaufiné le tout, en rajoutant et en enlevant des trucs par ci par là. Il y a beaucoup de différentes textures dans cet album. Niveau paroles il y a eu une bonne interaction entre Brendan, qui chante la majorité des paroles et Jake notre autre guitariste qui est plus le type de chanteur sombre, morbide…

Brendan : (d’un air faussement sérieux) Pessimiste (rires).

Joel : Ouais pessimiste. Mais Jake leur a dit : je joues dans un groupe de rock, la vie est cool !

Ryan : Nous avons également essayé d’établir ce que nous sommes en studio par rapport aux prestations live. Nous sommes un groupe live, nous avons beaucoup de liberté sur scène, il n’y a pas de stress. Le but en studio était de se concentrer sur les chansons, d’abréger les jams de 8 minutes que nous faisons live.

Il y a très peu d’écart dans le temps entre ces 2 albums, avez-vous utilisés certains morceaux mis de côté pour « Anchor Drops » où êtes vous juste très productif ?

Joel : Ouais je pense que nous sommes assez productif…

Parce que « Anchor Drops » est sorti il y a à peine un an…

Brendan : Non en 2004.

Ok, alors il est sorti il y a tout juste un an en Europe.

Joel : Oui tu as raison !

Ryan : Oui, je pense qu’il est sorti en Europe pour coïncider avec notre concert donné au Jam In The Dam l’année dernière.

Joel : Oui il a du sortir ici en février ou mars 2005. Mais en réalité il est sorti aux Etats-Unis en juin 2004. Tous les morceaux du nouvel album ont été écrits après la sortie d’ « Anchor Drops ». Il y a même 6 chansons de l’album que nous n’avons jamais joué live avant cette tournée. Ce sont en quelque sorte des morceaux qui sont nés dans le studio.

Brendan : Ouais, nous devons les réapprendre maintenant (rires).

Le légendaire Storm Thorgerson (Pink Foyd, Anthrax, Mars Volta, Muse, Audioslave) a fait une superbe pochette pour l’album, comment cette collaboration s’est passée ?

Brendan : Bien nous avons été très surpris qu’il travaille avec nous. En fait nous lui avons envoyé les paroles de l’album et avons eu une conversation avec lui. Il est d’ailleurs venu nous voir à Londres il y a 2 jours. Il a beaucoup aimé le concert et il nous a dit : Vous voulez que l’on fasse quoi pour le prochain ? Donc ça signifie qu’il fait parti de l’équipe désormais.

Et comment l’avez-vous approcher ?

Brendan : Par contact.

Joel : Jake est celui qui envoie les fichiers audio à pas mal de gens. Nous avons contacté Storm, lui avons envoyé l’album et il nous a dit : J’aimerai bien faire une œuvre pour cette musique.

Le célèbre saxophoniste Joshua Redman joue sur ce nouvel album « Safety In Numbers », comment cela s’est passé également ?

Joel : en fait il a joué avec nous en 2002 ou 2003. Jake et moi-même avons fait sa première partie sur un concert à Chicago. Début 2004 il nous a contacté pour nous dire qu’il voulait tourner avec notre groupe et en fait devenir un membre du groupe. Apprendre les morceaux et jouer un solo par ci par là. Du coup nous lui avons envoyés nos morceaux les plus difficiles, le genre de trucs qui nous ont demandé 3 mois à répéter la première fois. Il a été incroyable.

Ryan : En concert nous faisons 2 sets et un rappel. Sur le premier set nous faisions un concert classique d’Umphrey’s McGee et pour tout le second set et le rappel il venait jouer avec nous. Il a assuré.

Joel : Ouais à la fin de cette tournée nous étions du genre : whoa ! Comment allons nous continuer à jouer maintenant ? Après cela nous avons donc voulu qu’il joue avec nous en studio. Nous l’avons re-contacté en lui disant que nous avions des morceaux pour lui. Il a fait un boulot énorme, tu vas adorer.

Brendan : Il a déchiré !

Joel : Il joue sur le morceau Intentions Clear.

En tant que jamband, je suppose que vous faite pas mal d’improvisation en live n’est ce pas ?

Joel : C’est le but (rires). Lorsque nous ne sommes pas sur la route, c’est excitant de créer de la musique avec ces gars. C’est une continuation de ça en concert. Chaque jour, il se peut que nous écrivions une chanson. La création est un des aspects les plus intéressants en concert, j’aime jouer avec ces gars, ils sont bons (Ryan tape dans la main de Joel). Merci mec j’apprécie.

Ryan : De rien !

Brendan : bon ça va, on te garde pour le reste de la tournée (rires).

(Un technicien fait irruption pour prendre Joel avec lui).

Joel : Ha je dois partir.

Brendan : Maintenant la véritable interview va pouvoir commencer (rires généraux).

En tant que groupe live, pourquoi n’avez-vous pas d’album live ou de DVD ?

Brendan & Ryan : Nous en avons !

Brendan : ils ne sont pas sortis en Europe mais nous avons 2 DVD. En fait nous avons du aller du centre ouest à la côté est. Puis la côte ouest, puis l’ensemble des Etats-Unis. Aujourd’hui nous essayons de venir jusqu’ici en Europe avec la sortie l’année dernière d’« Anchor Drops ». C’est un premier pas. Maintenant il faudrait que l’on sorte les DVD ici.

Ryan : Nous avons un DVD avec notre batteur d’origine. Un concert de 2001 à Chicago. Puis nous avons sorti il n’y a pas si longtemps un DVD qui s’appelle « Wrapped Around Chicago », live au Riviera Theater. Un DVD enregistré il y a 2 ans (ndlr : concert filmé en fait le 31 décembre 2004 pour la nouvelle année). Mais ils ne sont pas disponibles ici en Europe, ils le sont aux Etats-Unis.

Vous avez un style très versatile. Difficile à catégoriser, beaucoup d’influences. Est-ce un problème parfois pour viser un certain public ?

Brendan : Oui ça peut être un problème. Certains aiment notre côté jamband mais peuvent trouver que nous avons une facette un peu trop agressive parfois.

Ryan : C’est émotionnel. Ca dépend de notre humeur. Nous nous lassons très vite, donc nous changeons beaucoup de choses d’un concert à l’autre, ce qui peut perdre un peu le public parfois. Mais de nuit en nuit c’est toujours très différent et c’est ce qui nous fait continuer et ce qui continue de nous exciter. Et j’espère que ça excite aussi le public, de ne jamais pouvoir savoir ce qu’il va se passer.

Brendan : Nous ne savons même pas nous décrire nous même.

Ryan : Je pense que si je devais dire le style que nous jouons, je dirai que nous sommes un groupe de jamrock progressif.

Brendan : Je dirai même seulement rock. Puis le soir d’après nous serons un peu break beat et techno. Puis l’autre soir nous serons plus…

Ryan : Ragga.

Brendan : Ragga. Ou bien encore jazz/blues.

Quelles sont vos influences principales en tant que groupe ?

Ryan : quelques groupes européens comme Led Zeppelin ou les Beatles. Pink Floyd. Nous écoutons beaucoup de rock progressif. Du Miles Davis, du Frank Zappa. Nous avons grandi avec les Guns N’Roses et du hip hop comme Snoop Dog.

Brendan : Aussi des trucs comme Bob Dylan.

Ryan : Bob Marley.

Brendan : Nous écoutons pleins de choses différentes, et avoir 6 membres dans un groupes qui écoutent tous des choses différentes, ça multiplie les possibilités et ça fini par ressembler à un gros ragoût (rires).

Ryan : Notre batteur a ses racines dans le jazz. Notre claviériste plutôt dans le classique. Jake notre guitariste jouait auparavant dans des groupes country et metal. Tous les 2 nous jouons ensemble depuis 10 ans (Brendan tape dans la main de Ryan). Nous sommes 6 personnes qui pouvons apporter nos idées librement dans le groupe, donc tout est possible.

Avec un premier album intitulé « Greatest Hits Vol.3 » et avec l’interview que nous sommes en train de faire, je suppose que l’humour est quelque chose d’important pour vous. Quelle est la philosophie d’Umphrey’s McGee ?

Ryan : Je crois que Billy Joel a vraiment un album qui s’appelle « Greatest Hits Vol.3 » (rires).

Brendan : Pour nous depuis le début les choses sont ainsi : si ce n’est pas amusant, nous ne nous sentons pas capable de le faire. Il faut garder du fun.

Ryan : Pas se prendre trop au sérieux. Trop de groupes se prennent trop au sérieux.

Brendan : Nous prenons la musique très sérieusement, mais sinon nous aimons bien faire la fête.

Ryan : Nous sommes des blagueurs. Nous nous sentons très privilégiés de pouvoir faire ce que nous faisons, et de pouvoir en vivre. Mais nous ne sommes pas non plus arrivés au point où il y a des guerres d’ego, nous préférons nous taper dans les mains (Ryan et Brendan s’exécutent).

Merci à Brendan, Ryan et Joel pour leur sympathie et à Roger de Replica Records.